Kung Pow: Enter the Fist (2002)

Kung Pow en 2002, Kung Fury en 2015, même combat : pousser le film de genre dans ses retranchements les plus ridicules. Vieillissement artificiel de l'image, inserts numériques, doublages réenregistrés avec des dialogues et bruitages stupides, le travail de détournement est ambitieux, même si le résultat est (comme attendu) d'une inconséquence mémorable. Contrairement à la demie-heure de Kung Fury, Kung Pow a la dur…

Un jour avec, un jour sans (2015)

Le dernier rendez-vous avec Hong Sang-soo n'a pas l'éclat que laissait un peu espérer sa distinction à Locarno, mais dans l'idée de ne pas attendre un prix honorifique quand le coréen aura soixante-dix balais, "Un jour avec, un jour sans" est un candidat satisfaisant pour récompenser le succès artistique de son auteur. Bien sûr, on est en terrain connu : le réalisateur maladroit mais malin, la fille indécise, la …

The Revenant (2015)

Il m'est impossible de ne pas prendre Gravity comme référence à laquelle comparer The Revenant : un thème essentiel de survie, un personnage brisé, un scénario linéaire, des prouesses de caméra... Le problème étant que le film d'Iñárritu pâtit de la comparaison sur de nombreux points. Contrairement à Birdman, le festival de plan-séquences est ici aussi admirable qu'efficace car très intégré au récit, immersif et rar…

La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz (1967)

En 1962, Herzog finissait de monter son premier court-métrage, Herakles. L'expérience affermit sa volonté de consacrer sa vie au cinéma, mais ne l'encourage nullement à s'enfermer chez lui pour plancher sur son prochain script. Au contraire, du haut de ses vingt ans, conscient des limites de ses connaissances du monde encore plus que du savoir-faire cinématographique qui lui reste à acquérir, il laisse libre cours à…

Les huit salopards (2015)

Alors parce qu'il y a des têtes qui explosent et des couilles en bouillie je devrais me marrer, c'est ça ? Contrairement à Django Unchained, dont les deux passages les plus marquants (le pugilat mandingo et l'esclave dévoré par les chiens) voyaient enfin Tarantino s'essayer au suggéré, et avec réussite, pour imprimer dans l'esprit du spectateur la malfaisance absolue de l'esclavagisme, The Hateful Eight se vautre da…

BioShock 2 (2010)

Le charme steampunk/horreur n'opère plus, car non seulement Rapture n'a plus rien d'une surprise, mais surtout les décors dans lesquels on se balade sont psychologiquement assez inoffensifs : fête foraine, appartements, galeries techniques, à opposer au cabinet chirurgical ou à la galerie d'artiste taré. En fait, Bioshock 2 essaye parfois de convoquer les souvenirs de l'original, avec une galerie de musée ou un parc…

Obsolete (2012)

Pas simple de savoir quoi penser d'un jeu dont l'ambiance repose à moitié sur l'indifférence à l'égard du joueur, et c'est le cas pour les walking simulators de Orihaus. Évidemment, il a réfléchi à l'interaction, mais pour faire signifier au joueur qu'il ne respecte pas l'interaction telle qu'on l'entend habituellement ; tout ça est très schizo et assez décontenançant. C'est encore plus visible dans Obsolete, don…

The Cat Lady (2012)

Un peu partagé. D'un côté c'est sans doute le meilleur travail sur la dépression et la solitude dans un jeu vidéo. En conjonction avec l'univers surréaliste et glauque (qui résonne pas mal Lynch), les dialogues engendrés par du simili-point'n'click touchent souvent juste et encouragent à se livrer. De l'autre, on dirait que les derniers chapitres ont été écrits beaucoup plus rapidement que les premiers, et l'expérie…

Year Walk (2013)

Maratz : "Est-ce que tout ceci a réellement existé ? N'est-ce pas plutôt une brillante construction des développeurs de Simogo ?" C'est sans doute ce qui surprend le plus dans Year Walk, avec un peu de recul : la façon dont une intrigue qui repose concrètement sur la transmission du mythe et la vision du futur corresponde précisément à la mission que s'est donnée le studio. À défaut d'être durablement enchanteres…

Grim Fandango Remastered (1998)

Déconvenue qui me rappelle Another World. En réalité c'est sans doute plus le genre point-and-click que les caractéristiques propres du jeu que ma note sanctionne, parce que Grim Fandango propose un univers relativement original et une écriture plutôt sympathique, mais au bout de deux-trois sessions je supporte plus le gameplay. Les énigmes ont des résolutions parfois irrationnelles, il faut faire des aller-retours …

To the Moon (2011)

Après un mini-cycle Orihaus, forcément, c'est pas le faible dose ludique de To the Moon qui allait me choquer. xD La narration est superbe et il y a beaucoup d'efforts dans son orchestration ; c'est un travail de mise en scène bien plus proche que d'habitude du cinéma -mais je ne vais pas répéter ce que Maratz et d'autres ont bien décrit dans leurs critiques respectives. Je ne suis pas si gêné que ça par l'absenc…

Papers, Please (2013)

Hé mais il y a plein de critiques positives avec lesquelles je suis d'accord, je vais en profiter pour ne pas m'épancher. Papers, Please c'est une ambiance exotique, mais alors pas îles du Pacifique, non non, plutôt zone frontalière côté bloc communiste pendant les années 80. Ca marche avec du pixel art rugueux et quelques lignes de dialogues et des mécaniques de jeu simples mais bien pensées. En tant qu'agent do…

The Marriage (2007)

Moui. Gameplay et projet intéressant. Je comprends ce qu'a voulu faire le développeur et ce dont il veut parler. Cela dit, d'une part, l'idée de s'abstraire de tout ce qui n'est pas propre au medium vidéoludique est à mes yeux un leurre plus expérimental que réellement pertinent (de la même façon que vider un film du maximum de bruit doit être motivé par le sens que le réalisateur veut partager), et d'autre part c'e…

Kentucky Route Zero (2013)

Ah ça fait deux ans que les gens attendent l'acte 4 en fait. Ok. Je peux comprendre l'intérêt de développer ça sous forme de série d'un point de vue financier, que les développeurs soient en mesure d'ajuster leur temps en fonction de leurs revenus... Mais sinon je suis pas convaincu que la séparation des cinq actes ait un sens... à moins qu'il s'agisse d'évaluer le feedback des joueurs, ce qui est pas forcément une …

To Burn in Memory (2015)

Electron Dance m'avait vendu Orihaus comme un designer de walking simulator. Le gameplay de To Burn in Memory, son jeu de 2015 chopé en free-to-play via Steam, n'a en fait rien à voir, il s'agit d'une nouvelle interactive. Aucune image, tout repose sur l'écriture et l'imagination du lecteur. Chaque vignette représente un certain lieu, ce qui permet de visualiser (sans aucune carte, mais après un petit temps d'adapta…

The Swapper (2013)

Je pensais que ce serait un énième puzzle game indé, mais j'avais tort. C'est une oeuvre de SF aussi respectable qu'un bouquin de Philip K. Dick ou Asimov, qui en partage d'ailleurs plusieurs thèmes (à défaut de les inventer). Le jeu s'articule autour du Swapper, un outil qui permet de se cloner instantanément et de transférer son identité dans le clone de son choix. Le procédé est déjà bien connu (sans trop y ré…

Gone Home (2013)

Hé bah, la presse s'était emballée à un niveau assez incroyable au moment de la sortie. C'est étrange parce que le concept du jeu est simplissime, du point and click sans aucun puzzle, et qui permet de recomposer peu à peu un récit via divers journaux, notes, etc. Non vraiment, faudra m'expliquer l'originalité pour un jeu de 2013 -d'ailleurs je sais même pas si on peut parler de gameplay quand l'objectif affiché …

Ori and the Blind Forest (2015)

Un platformer qui remplit complètement le cahier des charges, à défaut d'essayer de repousser les limites du genre (et contrairement à ce que laissait un peu croire l'introduction). Non seulement c'est super joli, mais en plus, par rapport à Trine 2 par exemple, on prend vraiment plaisir à y jouer. Tout est dans l'équilibre : Ori parvient toujours à anticiper le moment où le joueur pourrait commencer à se lasser,…

Pink Floyd: The Wall (1982)

Alan Parker fait de son mieux pour adapter l'opéra rock de Roger Wat... de Pink Floyd, mais le résultat, souvent trop proche d'une succession de clips qui n'aurait rien à faire dans un cinéma, reflète de façon gênante le sentiment de *self-indulgence* que me laisse l'album à chaque nouvelle écoute. L'imagerie surréaliste, dopée aux cauchemars symboliques, colle fidèlement à l'ambiance musicale sombre et psychédéliqu…

La chambre interdite (2015)

C'est amusant, parce que je ne connaissais rien du film avant d'entrer dans la salle, rien en-dehors du titre déformé sur l'affiche promotionnelle et des avis (partagés) de mes éclaireurs, avec un mot-clé qui revenait souvent et m'a ultimement convaincu de me déplacer : "rêve". Collaboration du centre Pompidou ? Résurrection de films disparus ? Tournage en public ? Guy Maddin ? Nada, je savais rien du contexte pourt…