Shelter (2013)

La linéarité des tableaux et la binarité des objectifs enrayent la force primale de l'instinct de protection infantile suggéré par le jeu. Idem, il y a du mérite à évoquer le caractère fulgurant et évanescent d'un deuil (tel que je l'imagine), même si le résultat reste assez ténu.

Shadow of the Colossus (2005)

Le problème est plutôt simple. Faute de connaître cette fille à ressusciter, ni d'avoir quoi que ce soit contre les créatures qu'on me dit de massacrer, l'écriture ne me fournit aucune motivation pour jouer. L'environnement est austère, éblouissant, hostile ; il me signifie constamment mon intrusion. Mon personnage est maladroit et malmené par ses proies ; chaque mise à mort pathétique l'enfonce un peu plus dans une…

Junun (2015)

Tourné pendant les sessions d'enregistrement de l'album éponyme, et proposant plusieurs morceaux dans leur intégralité, ce petit documentaire est une porte d'entrée agréable aux compositions inattendues de Shye Ben Tzur, au croisement de différentes cultures.

Walden (1854)

Entre ma poursuite d'autonomie et ma croyance en le potentiel d'inspiration sans bornes de la nature, je me suis crue transcendantaliste pendant quelques années. Et puis j'ai voulu aller aux sources, et lire Thoreau. Ignorant comme je pouvais le moralisme pénible et le lyrisme abscons de sa prose, j'ai découvert un homme qui tuait l'ennui par le labeur, et dont les extases n'étaient pas moins arbitraires et éphémère…

Alundra (1997)

Nonobstant l'isométrie bâtarde qui épice certaines phases de plateforme, les motifs d'exploration et d'équipement qui animent Alundra poussent à le situer dans la lignée des jeux d'aventure à la Zelda. L'écriture, cependant, agit à un tout autre niveau, et rend l'expérience plus intense. L'anticléricalisme manifeste de l'intrigue forme déjà une distinction assez spectaculaire, et les relations composites qui soudent…

Hollow Knight (2017)

Nombreux sont les choix de conception qui m'ont fait crier au scandale, au premier rang desquels la collectionnite aigüe qui traverse le jeu : libérer les chenilles permet d'obtenir en récompense des artefacts rares à monnayer auprès d'un collectionneur dont l'argent permet d'acheter des charmes qui débloquent l'achat de supports de charmes qui facilitent l'accès à des boss optionnels qui permettent d'accumuler l'es…

What Remains of Edith Finch (2017)

Je ne m'attendais pas à retrouver si vite un visual novel qui capture autant mon attention que If Found..., et pourtant. Annapurna Interactive, l'éditeur des deux jeux, a clairement compris que l'intégration d'une histoire dans le média du jeu vidéo demande plus qu'une simple transposition cinématographique. Dans sa dimension interactive, What Remains of Edith Finch hérite de ces livres à cachettes, ces albums de je…

La mauvaise éducation (2004)

Il m'aura fallu être happée une troisième fois (et toujours sans m'y attendre) pour saisir enfin l'objectif original d'Almodóvar : une fusion entre film noir et cinéma LGBTQ.

Jouissance Club (2020)

Donner et recevoir de nouveaux plaisirs : une base de saines considérations anatomiques, quelques gouttes de malice, et de nombreuses idées pour vivre le sexe en dehors du coït.

Sacrifice (2006)

Les photos sont correctes, sages, mais leur vis-à-vis avec les commentaires d'un emo libidineux est une des plus grandes catastrophes artistiques qu'il m'ait été donné de voir.

Hotel by the River (2020)

Où HSS nous parle de lesbianisme et de privilèges. L'agréable brise, qui se faufile entre les films-monuments, et semble ne jamais cesser de vouloir rafraîchir.

Shangri-La (2016)

*yawn*

Petit traité sur l'immensité du monde (2005)

J'ai lu en diagonale la plupart des chapitres, c'était salement surécrit. Mais ça parlait de marche, de bivouac, de toiturophilie, avec des états d'esprit assez sincères. L'écriture est vraiment surchargée en figures de style, références semi-érudites, et namedropping des régions eXtRaOrDiNaIrEs qu'il a traversées... Mais c'est pas trop sa faute, il est né à Paris, maman médecin, papa journaliste, passage en khâgne,…

Ico (2001)

J'y allais à bras ouverts, je me suis pris une tarte. Rien n'a pu m'empêcher de partir au bout d'une heure : le puzzle-platforming était d'une raideur cadavérique, les décors artificiels et inhumains ne m'ont suggéré aucune histoire, et puis la mécanique de traîner Yorda est la transposition d'un des pires tropes occidentaux (la demoiselle en détresse).

Untitled. (2008)

Un excellent recueil photographique, dont l'édition n'a rien du témoignage silencieux, mais amplifie bien plutôt l'esprit porté par le street art, contestataire, ironique, aliéné. Ce qui se rapproche le plus d'un Exit Through the Gift Shop version papier.

L'herbe rouge (1950)

Rêveuse, mélancolique, et dans l'attente de me déréguler, L'écume des jours avait parlé à mon adolescence. L'herbe rouge est écrite dans la même lignée, et les cinquante premières pages m'ont donné l'impression de m'endormir sur mes acquis.

La famille indienne (2001)

Bollywood, dans toute sa grandiloquence touchante et son humour involontaire.

Et on tuera tous les affreux (1948)

Abonné au sexisme et à la culture du viol, le pastiche noir de Vian a eu ma peau. J'avais déjà grimacé devant J'irai cracher sur vos tombes il y a dix ans : l'alter ego « Vernon Sullivan » n'est pas mon ami.

TowerFall (2013)

Vraiment sympa en coop locale.

Monaco: What's Yours Is Mine (2013)

Bien sympa en coop locale.