Le saut à la couverture (1895)

En direct du fort sympathique musée de l'Institut Lumière de Lyon. Avant que le 7ème art ne soit perverti par diverses notions de narration, il existait des court-métrages simples qui permettaient d'exprimer directement l'essentiel de l'expérience humaine, en l'occurrence le simple plaisir de sauter dans une couverture tendue par des amis complices et espiègles et... Je vais continuer la visite. xD

Ecstasy of Order: The Tetris Masters (2011)

Je sais pas pourquoi je craignais le contraire, mais c'est du même niveau de qualité que The Smash Brothers ou bien King of Kong, même si ça ne raconte pas tout à fait la même histoire. En l'occurrence la communauté Tetris est bien moins soudée que celle de Smash, et la compétition que capte le docu n'est pas non plus un affrontement de personnalités comme ça pouvait l'être dans King of Kong. Le réalisateur laisse à…

Les sentiers de la perdition (2002)

Un film-péripéties qui multiplie les facilités à tour de bras, et sans la moindre répercussion. Mendes avait amassé une poignée de statuettes avec American Beauty, et il choisit pour son film suivant de jouer l'académicien lourdingue avec un scénario rempli de coïncidences cosmiques ? Quelle pitié. "The linking of water with death... speaks of the mutability of water and links it to the uncontrollability of fate.…

L'été sans fin (1966)

Il y a cinquante ans, deux golden boys américains décident de casser la tirelire et partent faire le tour du monde à la recherche de la vague parfaite. Évacuons ça d'emblée : ils auraient mieux fait d'écouter un peu plus Martin Luther King avant de bourlinguer, parce que leur passage au Ghana est craignos de racisme et de paternalisme colonialiste. L'esprit magnanime que je suis leur accorde un passe-droit, parce qu…

Reflets dans un oeil d'or (1967)

Dans la banlieue d'une caserne militaire : un homo refoulé, un voyeur, une greluche aguicheuse, une neurasthénique... Beaucoup de foin pour montrer avec insistance que le monde est fait de névrosés et que les apparences sont trompeuses. Un peu comme pour The Misfits, John Huston se prélasse à montrer des détraqués et se la joue intello alors que son propos est assez bateau. C'est pas méchant mais ça n'apporte rien (…

La ligne rouge (1998)

Un des derniers grands films de guerre que je ne connaissais pas ; manquement réparé à l'occasion de la splendide réédition actuelle. Terrence Malick ne m'a pas toujours convaincu, que ce soit pour sa Balade Sauvage misanthrope ou son Knight of Cups maquillé de symboliques comme un camion volé. Mais The Thin Red Line, c'est à peu près parfait. Il y a quand même du mérite à parvenir à m'accrocher à mon siège penda…

Toni Erdmann (2016)

Je suis parti au bout de 1h30. Je me sentais tenu en otage par la narration. Les scènes se succèdent et se ressemblent, la fille se montre terriblement odieuse, le père essaye de lui arracher des sourires. C'est épuisant. Un peu drôle, un poil forcé, essentiellement juste, mais éreintant. Rien ne justifiait cette durée gargantuesque. La question est alors de savoir si ce qui est juste mérite qu'on y assiste. D…

Lifeboat (1944)

A la suite d'un bombardement, une petite dizaine de naufragés, étrangers l'un a l'autre, se retrouvent dans un canot de survie. La dynamique entre les personnages est plutôt bien écrite, sans pour autant être mémorable. Pas beaucoup d'éclats sur la mise en scène non plus : on retient la scène de la tempête, qui fait bien le boulot, et puis une séquence étrange où deux acteurs sont placés de telle sorte que Hitchcock…

Irma Vep (1996)

Olivier Assayas filme la production fictive d'un remake d'une série à mystères des années 1910. Contrairement à ce que je craignais, on n'est pas dans le gros délire méta inutile, la trame est tout à fait limpide. Contrairement à ce que je craignais (mais moins), ce n'est pas non plus un prequel de Sils Maria. En effet, même si Maggie Cheung se retrouve paumée à Paris et entourée d'étrangers aux mœurs bizarres, le s…

Elektro Mathematrix (2016)

Dans la série "...mais qu'est-ce que je regarde ?". Je cherchais à fuir l'ambiance infernale de mon appartement en me réfugiant dans une salle de ciné climatisée, oui c'est cliché. Pour ce qui est du film, c'est gentil mais un peu frustrant sur la fin. Evidemment, que ceux qui cherchent une narration ou des intrigues passent leur chemin. D'ailleurs les quelques lignes prononcées par le premier prof ont été retouc…

Lovely Bones (2009)

Non, non, non, ça va pas être possible. Il en faut pas mal pour tuer ma curiosité mais Peter Jackson m'a donné envie d'arrêter au bout d'un quart d'heure. J'avais même pas fini mon apéro quoi. C'est lourd, dégoulinant, sans la moindre subtilité. Les plans lumineux sur la petite fille aux yeux azurs, la petite musique au piano inquiétante, le méchant pédophile filmé dans l'ombre et qui rit sous cape... Blergh. J'a…

Electric Boogaloo (2014)

Dans les années 80, un duo israélien débarque à Hollywood et prend d'assaut l'industrie de la série B. Le docu démarre sur les chapeaux de roues, ce qui colle très bien au sujet. On parle de Chuck Norris, de Van Damme, et surtout d'un tas de films qui n'avaient pas besoin de belles têtes d'affiche pour éponger leur modeste budget. Du gore guignolesque, de l'actioner au ras des pâqueretteses ou de la sexploitation ro…

La servante (1970)

La Servante est vendue comme une des racines du thriller psychologique coréen. La catégorisation tient la route, mais le scénario était trop approximatif pour que je réussisse à accrocher. Il y a trois filles qui gravitent autour d'un père de famille, et on ne comprend jamais très bien qui veut quoi. Les personnages agissent vaguement comme des girouettes, et s'échangent des répliques régulièrement trop sentencieuse…

Gates of Heaven (1978)

Protip : ne pas confondre avec Heaven's Gate. RIP Michael Cimino. Assez rapidement, j'ai eu la sensation d'avoir déjà vu ce docu quelque part. Les personnages qui se détachent bizarrement des décors, les dialogues évasifs, les intonations manipulées, le montage espiègle... Mais oui, bien sûr : les premiers films de Werner Herzog, dont certains « documentaires » tels que Dernières paroles et Fata Morgana, qui sont…

Koyaanisqatsi (1982)

Il me semble que réduire Koyaanisqatsi à une fable écolo, que ce soit pour le descendre ou au contraire en faire l'éloge, constitue un raccourci assez décevant. Pas nécessairement erroné, dans la mesure où le réalisateur défend lui-même les diverses interprétations qu'a pu faire naître sa création, mais tout de même regrettablement simpliste et inoffensif par rapport à ce qui est proposé. À mes yeux, ce documenta…

The Neon Demon (2016)

L'esthétique de The Neon Demon, dès son générique huileux et glacé, m'envoûte. L'ouverture me rappelle celle de Dancer in the Dark, un manifeste à base de toiles abstraites statiques et de symphonies pompeuses, en lequel je n'avais pas su lire à temps un avertissement de mon incompatibilité avec Lars von Trier. Mais les néons, la saturation, les basses, composent depuis Enter the Void un profil d'univers dans lequel…

Samurai Champloo (2004)

Ci-dessous, un brouillon malpropre d'abord adressé à ceux qui se sentent seuls de ne pas comprendre la popularité de Samurai Champloo. Avant toute chose, laissez-moi rappeler que j'avais beaucoup d'estime pour Watanabe, du fait de son implication dans Cowboy Bebop... Au dos de la jaquette : « Hip-hop, samouraïs et tournesol. Une aventure déjantée qui tranche avec le passé ! » C'est aussi ce que je retrouve en sur…

Mademoiselle (2016)

spoilers Artistiquement, Park Chan-wook semble avoir défoncé toutes ses limites pour la première heure de son nouveau film, Mademoiselle. Il expose en plein jour les pulsions fétichistes qu'il fallait lire entre les lignes de Stoker, ce qui résulte en une avalanche d'objets éphémèrement transfigurés, une paire de boucles d'oreilles, un duo de gants, le lacet d'un corset, les vapeurs d'un bain, etc. Tout à fait da…

Sombre (1998)

Sombre est une proposition puissante et inédite, plutôt spontanée de la part de Grandrieux, mais que je rapprocherai tout de même d'un certain nombre d'auteurs contemporains : Claire Denis, Gaspar Noé, Lucile Hadzihalilovic, et puis un peu de Guiraudie (L'inconnu du lac) et Vincent Gallo (The Brown Bunny), mais pour les thèmes abordés plus que la finalité ; qu'on n'aille pas croire que j'encense une seule seconde Th…

Hibou (2016)

L'influence de Quentin Dupieux qui se retrouvait dans La Tour 2 contrôle infernale (réalisation Éric Judor) et, à ce que j'ai entendu, dans Seuls Two (réalisation Éric et Ramzy) est, pour le coup, complètement absente du premier long-métrage signé par le seul Ramzy Bédia. Pas de grandes sensations de cinéma, mais une volonté tout de même encourageante de développer une esthétique personnelle, quoique discrète. On y …