Jack Reacher (2012)

Sacré Jack Reacher, il a toujours un coup d'avance ! :D Bon, Christopher McQuarrie connaît son taf, j'avais pu le constater dans le dernier Mission Impossible. Il se permet même d'être un peu original, par exemple dans l'intro sans paroles, ou la course-poursuite élastique. À l'image du personnage de Tom Cruise, il y a toujours dans la mise en scène ce côté laid-back, posé, jusqu'à ce qu'il faille se remuer les f…

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (2017)

Sentiments partagés par rapport à cette nouvelle adaptation d'une saga à laquelle je dois beaucoup. Malgré des efforts remarquables pour enrichir le tome 1 dans ses deux premiers épisodes, Netflix rejoint de plus en plus le ton du film de 2004 pour les tomes 2 et 3, jusqu'à un sixième épisode cabotin, sans émotion ni intensité, qui m'a franchement agacé. Heureusement la saison se termine de façon plus équilibrée ave…

Personal Shopper (2016)

Personal Shopper récompensé pour sa mise en scène à Cannes, qui m'explique ? C'est pour avoir inséré un fantôme gribouillis numérique dans un film d'auteur ? Pour avoir monté une demi-heure d'un écran d'iPhone ? Ou bien pour avoir capturé Kristen Stewart en topless sur grand écran (on a tous oublié On the Road, ouf) ? Quels succès éclatants ! J'ai la moquerie facile, mais je pense vaguement repérer ce que le jury…

Thumper (2016)

Tout ou presque est dit dans d'autres textes sur cet excellent jeu indé, et d'ailleurs tout ou presque était déjà dit avec la tagline : "a rhythm violence game". Comme mes avis sur des jeux importent encore moins que sur des films, autant rester bref. Plus que le gameplay addictif, je pense que je retiendrai avant tout de Thumper ses visuels ouvertement psychédéliques et d'extrême qualité. J'espère avoir l'occasi…

Inside (2016)

Bien que sa direction artistique stratosphérique le fasse immédiatement percevoir comme plus riche que le déjà remarquable Limbo, le second jeu du studio Playdead en reproduit les ambitions, les forces et les faiblesses avec une régularité ultimement un peu frustrante. S'il faut reconnaître les efforts déployés afin de réduire l'aspect artificiel des mini-puzzles qui émaillent l'aventure, et s'intègrent avec plus de…

Stephen's Sausage Roll (2016)

Sausage Roll devrait combler les extrémistes du puzzle game, genre ceux qui n'ont pas peur de relever un défi plus exigeant que The Witness. Non que je chercher à comparer l'ensemble des deux jeux ; celui d'Increpare est moins chaleureux, et surtout moins riche de sens et d'émerveillement, mais enfin quand il s'agit de composer des puzzles minimalistes qui sortent des sentiers battus, et dont la résolution est parfo…

Everybody Wants Some!! (2016)

Correct mais dispensable, le dernier Linklater se met à la hauteur d'un gang de jocks dans une université texane au début des années 80. Un monde de queutards soiffards auto-centrés que le scénario s'efforce tout de même de différencier, accordant par là une épaisseur et une certaine sensibilité aux multiples personnages. Le leitmotiv de réhabiliter les stéréotypes sur lesquels le public distingué a l'habitude de cr…

Picnic à Hanging Rock (1975)

Au bout de trois quarts d'heure j'ai le sentiment que j'aurais dû arrêter depuis deux heures. Picnic at Hanging Rock est un fait divers en costumes, deux "genres" que je trouve isolément ridicules et dont la combinaison est dévastatrice de mièvrerie niaiseuse. Certains se sont efforcés d'y voir un conte d'adolescence et d'émancipation, mais à part se gargariser sur des évidences (il y a des normes sociales étouff…

Eaux sauvages (1979)

Des dialogues VF dignes de l'écriture des Nuls, déclamés avec des intonations désastreuses et un mépris total du lip sync. Un montage de charcutier, une musique à l'ouest, des plan-séquences improbables, et des péripéties sans queue ni tête. "Si vous tombez dans l'eau, sortez aussi vite que vous le pouvez. Car il y a une chose qu'on appelle hypodermie, et qui tue. Tout le monde. Au dépourvu. Ce que j'veux dire, c…

Dark Water (2002)

Relecture plutôt bandante du mythe de la maison hantée dans un immeuble crasseux et moite de la banlieue japonaise. Le scénario double son histoire fantastique d'un divorce particulièrement douloureux : sans chercher à y voir de parallèle thématique, je trouve que le drame familial renforce de façon redoutable l'angoisse et la terreur qui enserrent de plus en plus le personnage de la mère. Dark Water ne repose pas s…

La maman et la putain (1973)

J'ai été surpris que 2h30 se soient déjà écoulées à la première fois que j'ai regardé ma montre, mais ça ne m'a pas empêché de quitter la salle peu après. C'est assez fascinant cette capacité qu'a Eustache de brasser autant d'idées tout en ne proposant rien de clair ni de structuré, laissant le spectateur repartir avec n'importe quel message en fin de séance, quitte à l'avoir oublié et définitivement tourné la page …

Ouvert la nuit (2016)

Pas aussi formellement percutant que les comédies françaises qui ont brillé l'an passé (Gaz de France, Ma Loute, La Loi de la jungle), mais aussi plaisant et acéré que Victoria. Cette fois, ce n'est pas Virginie Efira qui tient la barre, mais Edouard Baer, avec la même présence étincelante, la même tendance à absorber dans son monde ceux qui l'approchent de trop près, et plus globalement un humour et une amertume pa…

The Chaser (2008)

Allons droit au but. Ce que je retiendrai de ce film, c'est la façon dont il traite l'espace un peu comme Kubrick traitait le temps dans Eyes Wide Shut. L'unité de temps est globalement plus respectée que celle de lieu, mais ça n'a rien de révolutionnaire ni même d'original (tout au plus dira-t-on que l'enquête est bien ficelée) ; non, je trouve beaucoup plus séduisant le traitement de cette rue du meurtre, intermin…

Policier, adjectif (2009)

Je voyais pas la différence en x2, j'ai dû passer en accéléré x4, et puis abandonner complètement. Compte tenu des retours sur son récent Le Trésor, j'attendais du deuxième long-métrage de Corneliu Porumboiu quelques traits d'humour. Le scénario propose bien quelques blagues (plus moroses que positivement pince-sans-rire), mais noie son peu de scènes énergiques dans une enquête de filature absolument léthargique.…

Le narcisse noir (1947)

Moui. À part son exotisme himalayen (limité par les grandes toiles peintes des Pinewood Studios, malgré ma bonne foi), dans sa première heure, ce Technicolor n'a plus grand-chose à défendre. Il y a des nonnes et des rivalités et des allusions érotiques. Et ensuite ? On s'en fout un peu de la sœur Gladys qui est allée s'exiler au Népal alors qu'elle aimait faire des galipettes avec son fiancé quelques années auparava…

Tetro (2009)

"Rivalry: an ancient theme", nous dit un personnage vers le début de l'avant-dernier Francis Ford Coppola. Effectivement, on connaît la musique, et même si elle est sous-jouée, ses interprètes préférant à raison déterrer des sentiments enfouis et humains plutôt que d'épaissir le trait de la tragédie, la première heure laisse amplement le temps de se demander pourquoi on est venu s'asseoir devant une si vieille histo…

Le Sixième Sens (1986)

Adaptation molle du Red Dragon de Thomas Harris, qui souffre de toutes les comparaisons : aux autres histoires de la saga Hannibal, aux autres adaptations, et aux autres films de Michael Mann. Ça fait beaucoup, et bien trop pour que ce Manhunter vaille le détour. Filmer Red Dragon, particulièrement quand on a comme moi les idées prequel de la NBC en tête, ça ressemble à commencer par la fin : on connaît trop mal …

The Saddest Music in the World (2003)

Le long-métrage de Guy Maddin commence, noir et blanc grumeleux, montage saccadé, simulation de vieille pellicule, humour absurde : enthousiaste, je crois avoir trouvé l'ancêtre de la pépite The Forbidden Room. Et la filiation se confirme, mais ce film-là est gâteux : au bout de vingt minutes, la curiosité expérimentale s'épuise, elle s'accroche tout juste à la photographie qui ne parvient pas à renouveler ses propo…

Le Funambule (2008)

On est plus que jamais en droit de se demander pour quelle raison Hollywood a produit un énième biopic de quelques dizaines de millions de dollars, The Walk, alors qu'il existait déjà un excellent documentaire qui retranscrivait parfaitement l'étrangeté de Philippe Petit et le caractère vertigineux et littéralement transcendant de sa performance. Sans prendre trop de risques, je suis même assez sûr que Zemeckis a ép…

Powaqqatsi (1988)

Powaqqatsi n'aurait pas marché en tant que redite de Koyaanisqatsi, et on imagine de toute façon suffisamment d'intégrité artistique au réalisateur Godfrey Reggio pour ne pas avoir cherché à reproduire son premier succès. Il est donc réjouissant de constater que, par-delà le concept du collage muet sur fond d'incantations Philip Glass-iennes, le montage a été largement démonté et re-réfléchi pour Powaqqatsi. Malheur…