Koyaanisqatsi (1982)

Il me semble que réduire Koyaanisqatsi à une fable écolo, que ce soit pour le descendre ou au contraire en faire l'éloge, constitue un raccourci assez décevant. Pas nécessairement erroné, dans la mesure où le réalisateur défend lui-même les diverses interprétations qu'a pu faire naître sa création, mais tout de même regrettablement simpliste et inoffensif par rapport à ce qui est proposé. À mes yeux, ce documenta…

The Neon Demon (2016)

L'esthétique de The Neon Demon, dès son générique huileux et glacé, m'envoûte. L'ouverture me rappelle celle de Dancer in the Dark, un manifeste à base de toiles abstraites statiques et de symphonies pompeuses, en lequel je n'avais pas su lire à temps un avertissement de mon incompatibilité avec Lars von Trier. Mais les néons, la saturation, les basses, composent depuis Enter the Void un profil d'univers dans lequel…

Samurai Champloo (2004)

Ci-dessous, un brouillon malpropre d'abord adressé à ceux qui se sentent seuls de ne pas comprendre la popularité de Samurai Champloo. Avant toute chose, laissez-moi rappeler que j'avais beaucoup d'estime pour Watanabe, du fait de son implication dans Cowboy Bebop... Au dos de la jaquette : « Hip-hop, samouraïs et tournesol. Une aventure déjantée qui tranche avec le passé ! » C'est aussi ce que je retrouve en sur…

Mademoiselle (2016)

spoilers Artistiquement, Park Chan-wook semble avoir défoncé toutes ses limites pour la première heure de son nouveau film, Mademoiselle. Il expose en plein jour les pulsions fétichistes qu'il fallait lire entre les lignes de Stoker, ce qui résulte en une avalanche d'objets éphémèrement transfigurés, une paire de boucles d'oreilles, un duo de gants, le lacet d'un corset, les vapeurs d'un bain, etc. Tout à fait da…

Sombre (1998)

Sombre est une proposition puissante et inédite, plutôt spontanée de la part de Grandrieux, mais que je rapprocherai tout de même d'un certain nombre d'auteurs contemporains : Claire Denis, Gaspar Noé, Lucile Hadzihalilovic, et puis un peu de Guiraudie (L'inconnu du lac) et Vincent Gallo (The Brown Bunny), mais pour les thèmes abordés plus que la finalité ; qu'on n'aille pas croire que j'encense une seule seconde Th…

Hibou (2016)

L'influence de Quentin Dupieux qui se retrouvait dans La Tour 2 contrôle infernale (réalisation Éric Judor) et, à ce que j'ai entendu, dans Seuls Two (réalisation Éric et Ramzy) est, pour le coup, complètement absente du premier long-métrage signé par le seul Ramzy Bédia. Pas de grandes sensations de cinéma, mais une volonté tout de même encourageante de développer une esthétique personnelle, quoique discrète. On y …

L'été de Kikujiro (1999)

Premier Kitano, je ne suis pas très impressionné. C'est un film sur des gens qui s'ennuient, fait par un type qui s'ennuie : il a collé un tas de scènes de styles disparates sans trop se soucier de leur cohérence. J'avais l'impression que le simple fait que ça lui soit passé par la tête était une motivation à ce que ça apparaisse à l'écran. Sans surprise, au bout de deux heures ça lasse un peu. L'histoire est plu…

Paris Is Burning (1990)

Excellent docu sur le microcosme black trans/drags, à la fin des années 80 dans New York. Les témoignages assemblés éclairent une facette urbaine longtemps passée sous silence ou traitée avec mépris. Étant donné les commentaires qui accompagnaient la vidéo youtube, les choses ont quand même pas mal changé et RuPaul's Drag Race n'y est pas pour rien, c'est cool. Zéro misérabilisme, les personnages évoquent de loin…

Le magnifique (1973)

"Il s'est fait dévorer par un requin, dans une cabine téléphonique." Je savais que Le Magnifique était une inspiration pour les OSS 117 (aux côtés sans doute de nombreux autres films d'aventure de plus ou moins bonne facture, mais que l'histoire n'a pas retenus). En fait, parler de source d'inspiration témoigne mal du quasi plagiat que représentent les films de Hazanavicius. Parce qu'en dehors des gags anti-xénop…

Stalker (1979)

J'ai beaucoup d'estime pour la maestria technique de Tarkovski et pour son originalité. Je suis plus partagé vis-à-vis de sa constante morgue. Quant à sa philosophie, c'est bien simple, je suis franchement pas intéressé, et presque contre. J'ai déjà exposé ailleurs mes positions camusiennes, en particulier que l'absence d'espoir face à la vie n'est pas synonyme d'un désespoir malheureux. Non seulement Tarkovski d…

The Strangers (2016)

C'est en essayant pendant un quart d'heure de démêler l'histoire avec un complice de séance que je me suis aperçu que j'avais encore moins compris que ce que je pensais. J'ai lu des gens qui tentent de sauver le film via plusieurs pirouettes (sur les motivations des esprits, la trajectoire du japonais, le pourquoi des zombies, etc.), mais à chaque fois ça implique beaucoup de non-dits et de fausses pistes de la part…

Un lac (2008)

Hélas, par rapport à Sombre, je suis grossièrement passé à côté du troisième film de Grandrieux. Alors que j'en connaissais désormais les codes et que je savais mieux les appréhender ! Mais c'est peut-être le problème : qu'après avoir compris ce que Grandrieux souhaitait accomplir, on en constate l'amère impossibilité. En tout cas, c'est vraiment le sentiment qu'Un lac me laisse. Celui d'un cinéma dans l'impasse.…

Himizu (2011)

Pas du tout anxiogène le machin. En lançant ce Sion Sono à 2h du mat j'avais espoir que ça me requinque légèrement après le débile de Nice. C'était tellement une erreur, haha. Franchement c'est l'horreur. Fukushima, tout a été détruit, les gens dorment dans des tentes sous des ponts. Les deux collégiens ont des parents qui leur disent texto qu'ils aimeraient bien les voir mourir, en leur attribuant sans vergogne …

La dernière valse (1936)

Les fans de rock'n'roll vont se régaler. Mais mon attention a connu des hauts et des bas. La captation est propre, on sent pas trop Scorsese mais j'imagine qu'il y a du mérite à avoir monté ça pour 1978. Les petits segments d'interviews font un peu décoratif, mais revêtent désormais un aspect historique. C'est à mettre en regard avec la suite du groupe, particulièrement déprimante: comeback raté, alcoolisme, suicide…

Sweet Sweetback's Baadasssss Song (1971)

Je salue la caractère militant de ce précurseur de la blaxploitation, qui en a écrit les codes avant que les studios hollywoodiens se les approprient. En plus, contrairement à 12 Years a Slave, ça brosse pas les gens dans le sens du poil, ça rejette toute hypocrisie. Mais, comparé par exemple à Do the Right Thing de Spike Lee qui cherchait à justifier la violence et la rage de la communauté noire, Melvin Van Peeb…

Nanouk l'Esquimau (1922)

Phoques harponnés et renards blancs dépecés, c'est pas très WWF tout ça. Au-delà du fait que je n'en suis pas ressorti très changé, je ne sais pas trop quoi penser de ce Nanouk, brandi ici et là comme l'ancêtre commun de tous les documentaires. De mon point de vue, le fait de préparer certaines séquences pour faciliter la production ne pose aucun problème, qu'il s'agisse de mettre un phoque déjà mort au bout d'un…

Nanook Revisited (1990)

Il y a un français du nom de Claude Massot qui, en 1988, est parti sur les traces de Flaherty au Canada. Mais il semble qu'il avait encore moins idée que ce dernier de ce qu'il voulait précisément accomplir. Dans Nanook Revisited, le montage alterne entre critique du documentaire originel (via le relevé pointilleux des incohérences factuelles) et observation de la nouvelle communauté Inuite qui l'accueille. Le docu …

Avalon (2001)

Je sais pas si ce film *nippo-polonais* (autant l'écrire, c'est sans doute la seule occasion de toute ma vie) fait sens d'un bout à l'autre, mais je suis certain de ne pas avoir fait beaucoup d'efforts d'interprétation tellement c'était morose et misanthrope. Au niveau de la photo grise ou sépia et des décors spectraux, bien sûr, mais surtout au niveau de l'histoire. Un genre d'exhortation à fuir la réalité et se…

Little Big Man (1970)

Little Big Man tient plus de la farce absurde que du western. Ici, les aventuriers sont perdus au sein des étendues désertiques majestueuses ; leur insignifiance farfelue crache sur le silence des terres qu'ils parcourent. Dustin Hoffman est ballotté d'un personnage à l'autre sans parvenir à exercer aucun contrôle sur sa vie. Indien d'adoption, commerçant rangé, muletier de garnison, charlatan rigolard, soiffard en …

L'année du dragon (1985)

Projection coupée dans son élan : au bout de la première demi-heure, un bout de la pellicule a cramé et le proj 35mm est tombé en rade. Il a fallu bouger de salle pour retrouver un équipement fonctionnel. Merci la Filmothèque de m'avoir fait découvrir ça. xD On sent bien la patte du faiseur de The Deer Hunter dans ce Year of the Dragon. La disposition des scènes, les plan-séquences immersifs, les considérations c…