Close-Up (1990)

Avis à prendre avec de grosses pincettes, j'ai dû somnoler pendant plus de la moitié de la séance. D'habitude c'est plus une conséquence qu'une cause de mon indifférence à l'égard d'un film, mais bon, c'est pas une science exacte... En fait même chez Herzog je n'avais jamais ressenti ce niveau de confusion entre la réalité et la fiction. Kiarostami, partant du fait divers d'un cinéphile jugé pour escroquerie béni…

Malgré la nuit (2015)

Pour proposer une référence partagée, je dirais que Malgré la nuit m'évoque une version ciné de Unknown Pleasures. Je suis ni fan ni spécialiste de Joy Division, mais je reconnais au groupe la force de pouvoir plonger ses auditeurs dans un monde noir et torturé, aussi passionné que condamné, aussi glauque que romantique. Le quatrième film de Grandrieux, une heure plus long que ses prédécesseurs, ne bénéficiait pas d…

Grey Gardens (1975)

Edith Beale et Edith Beale, mère et fille apparentées à Jacqueline Kennedy, vivent en recluses depuis trente ans dans une maison de 38 pièces, dans la campagne de New York. L'époque où elles évoluaient en haute société est largement révolue, mais la maison et les deux femmes sont restées bloquées dans le passé. Esprits en perdition dans un palace en délitement, il y avait peut-être quelque chose à faire de cette his…

L'évangile selon saint Matthieu (1964)

Pasolini construit une moitié de ses plans comme des tableaux italiens, mais moi ça me touche pas trop. L'autre moitié correspond plus à une esthétique de propagande : Jésus leader de la lutte des classes, les bourgeois avec des airs louches, les enfants sauvés, etc. Les moyens déployés sont pas dégueu, surtout pour un film de début de carrière, mais si c'est pour voir l'essentiel du temps Jésus débiter en grand pré…

Le dossier Adams (1988)

Déception. Sorti dix ans après Gates of Heaven, ce troisième documentaire d'Errol Morris, plus connu parce qu'il a contribué à annuler la condamnation à perpétuité d'un innocent, s'avère bien moins pertinent. Un policier s'est fait abattre par un conducteur au cours d'un bête contrôle de routine, et le film engrange les témoignages pour retracer les événements liés à l'accusé et aux témoins du procès : à très peu de…

Black Swan (2010)

Faire ou ne pas faire prépa : telle n'a jamais été la question. Collectionnant avec insouciance les meilleures notes de la classe primaire au baccalauréat, et animé par une douce et illusoire fascination pour le déterminisme des mathématiques, mes professeurs n'ont sans doute jamais douté de ma transition en milieu préparationnaire. Mes parents, pas plus familiers des CPGE que du moindre parcours universitaire, ont …

La Loi de la jungle (2016)

Les mots manquent pour commenter La Loi de la jungle. Ou plutôt, ils n'y suffiraient pas. Écrire sur un tel film revient, pour reprendre l'analogie qu'ont proposée Peretjatko et Macaigne à l'issue de la séance, à essayer d'expliquer une bonne blague. Ceux qui l'ont comprise n'ont aucunement besoin de s'enticher de telles lourdeurs sémantiques. Quant aux autres, qu'ils finissent, à force d'efforts de la part de leur …

Love & Friendship (2016)

Sans animosité aucune ; juste une indifférence certaine. Whit Stillman, esprit libre américain, a profité de la forme épistolaire d'une nouvelle de jeunesse de Jane Austen pour injecter dans un genre cent fois visité, au fil d'un travail d'adaptation notable, un second degré assez constant dans les dialogues et les interprétations, quelque chose de plus régulier que les rares répliques savoureuses de Downton Abbey e…

Ève (1950)

Sorti deux mois plus tard, mais on pourrait presque parler de prequel de Sunset Boulevard ; l'histoire d'une actrice mature et au sommet de son art, mais qui commence à se laisser affecter pas la percée d'une nouvelle génération. Enfin, jusqu'au dernier tiers, qui lui se recentre sur le personnage d'Eve, ce que je trouve un peu regrettable dans la mesure où le scénario était bien plus intrigant et original tant qu'i…

Castaway on the Moon (2009)

C'est un peu la collision entre "I'm a Cyborg, But That's OK" et "Printemps, été, automne, hiver... et printemps". Il y a la poésie décalée et la générosité du premier, et l'intemporalité et le sens de la solitude du second (sans le bouddhisme de comptoir qui m'avait mis en rogne). Profond dans la simplicité, Hae-jun Lee se contente de trois bouts de ficelle scénaristiques pour signer un des feel-good movies les plu…

Le cercle - The Ring 2 (2005)

Bon, j'ai tenu une moitié mais je viens écrire ici, et je vais finir le reste sur wikipédia. La perspective de récurer mon appart à la brosse à dents est plus enthousiasmante que terminer ce film, c'est dire. Non seulement The Ring 2 ne discute de rien (comme l'essentiel des films d'horreur) mais il ne raconte rien. Les gimmicks se succèdent : porte qui se ferme mystérieusement, ampoules qui grillent, personnage …

Le grand chantage (1957)

Les mots sont des poignards dans cet incontournable du film noir, signé Alexander Mackendrick. Et si ma note n'est pas optimale, elle ne fait que traduire des réserves que j'ai sur le genre en général : j'insiste sur le fait que c'en est bel et bien un sommet, et j'encourage vivement tous les intéressés à mettre la main dessus malgré sa discrète réputation. Difficile d'imaginer les tensions entre le studio et le …

Peshmerga (2016)

Franchement, BHL qui filme sa balade sur le front Irak/EI, ça se regarde. En tout cas, on n'en souffre pas trop. Contrairement au Serment de Tobrouk, la présence à l'écran du superman philosophe se limite en fait à une voix-off apposée aux images de soldats et de désert. Péremptoire, ampoulée, avec une intonation aussi incohérente que savoureuse, c'est un peu le seul attrait du documentaire. Mais comme pour le film …

The Witch (2015)

En-dehors de la bouillie de bébé, la première heure était atrocement plate et pénible. Alors déjà que je suis d'avis qu'il y a très peu à explorer sur le thème du puritanisme extrême (le péché originel, la culpabilité fondamentale, l'auto-flagellation, c'est juste des conneries, il y a vraiment pas besoin de pincettes ni de thèse en théologie pour conclure sur le sujet), ici c'est rabâché de façon assommante sans au…

Belladonna (1973)

Attendez, c'était censé se passer en France ? :D Belladonna est sorti en 1973 mais correspond plus à la contre-culture psychédélique qui pouvait exister cinq ans auparavant (du moins en Europe et aux USA ; côté asiatique je sais pas du tout comment ça s'est passé). Deuxième genèse de sorcière de la journée, mais l'esthétique adoptée ne saurait être plus différente de The Witch : beaucoup de dessins et d'aquarelle…

Un jour sans fin (1993)

Bill Murray est bloqué dans un jour qui se répète sans cesse. Il joue bien, mais son perso est pas aimable, et son love interest non plus. Beaucoup de gags qui tombent à plat, aussi. C'est plein de bons sentiments mais je serais incapable d'en tirer la moindre morale. Le concept est poussé dans tous les sens sans qu'une direction claire émerge jamais. Mais finalement, c'est bien comme ça. (argumentation level over 9…

Metropolitan (1990)

Voilà le film que j'avais espéré voir avec un titre comme Café Society. Pour son premier long-métrage, Whit Stillman part de préoccupations tout allen-iennes : l'isolement et l'ennui de la haute bourgeoisie new-yorkaise, sans oublier la conscience d'une telle condition et les façons de vivre avec ce "fardeau" de privilégié. Les dialogues sont dignes de l'Allen des grandes heures, perspicaces et précis dans les dé…

58 minutes pour vivre (1990)

Saviez-vous que le réalisateur de Die Hard 2, Renny Harlin, était finlandais ? Qu'il a été nominé cinq fois aux Raspberry Awards (pas pour DH2 cela dit, ç'aurait été excessif) ? Que son premier film, Born American, devait mettre en scène Chuck Norris, mais que faute d'argent il a dû se rabattre sur le fiston Mike Norris ? Je vous raconte tout ça parce que ça me semble autrement plus intéressant que Die Hard 2, un…

Le plongeon (1968)

Ah ben. Au bout de 30mn j'en avais marre, j'étais prêt à filer sur SC pour commencer à rédiger un commentaire cinglant dessus. Mais il y avait un truc pas net qui m'empêchait de complètement détacher mon attention. Et j'ai bien fait de rester dedans. En fait le film repose tellement sur sa trajectoire inattendue que je déconseille à ceux qui pensent le voir de lire quoi que ce soit à son sujet. Pour les autres, d…

The Nice Guys (2016)

Moui. Difficile de ne pas y voir un sous-Kiss Kiss Bang Bang. L'énigme est rondement résolue mais jamais de quoi s'exciter, on est loin de la fascination psychédélique de Inherent Vice. Les blagues sont dans l'ensemble correctes, mais j'ai l'impression qu'il y en a beaucoup qui tombaient à plat. Shane Black n'était pas toujours au top pour maîtriser la notion de "chute", je sais pas tout à fait à quoi ça tient, au m…