Tu ne tueras point (2016)

Les gars, j'vais vous dire peu ou prou ce que j'avais dit après Requiem pour un massacre : est-ce que j'avais vraiment besoin d'un film de plus pour savoir que la guerre c'est atroce ? Et puis est-ce que je ne suis pas en droit de voir, derrière cet énième effort de représentation horrifique, l'orgueil d'un réalisateur qui veut montrer qu'il est capable de dégoûter dans la cour des grands ? C'est pas pour dire que c…

Irène (2009)

Irène se situe bien dans la lignée des deux autres Cavalier que j'ai eu la chance de découvrir, Vies et Le Paradis : des documentaires, dans le sens où ils filment le "réel", mais qui ne s'attachent pas moins à représenter des abstractions évasives et pourtant écrasantes, telles que la permanence arbitraire des souvenirs ou la culpabilité. Il résulte de cette tension une impression déroutante, comme si la fiction ch…

Captain Fantastic (2016)

Je râlais il y a quelques jours, comme quoi le cinéma américain ne mettait rien de neuf sur la table, que les dernières années étaient moroses pour Hollywood comme pour les auteurs moins en vue. Captain Fantastic n'a pu que me conforter dans ce point de vue. Vis à vis de l'histoire, c'est essentiellement une version familiale de Into the Wild (on y revient souvent à celui-là, ou peut-être que c'est seulement moi)…

Poesía Sin Fin (2016)

La Danza de la realidad, retour inespéré d'Alejandro Jodorowsky au cinéma après deux décennies d'obstacles financiers, voyait le réalisateur culte entamer l'adaptation de ses mémoires. Prolongement naturel de ce projet autobiographique, Poesía sin fin dresse le portrait d'un conteur qui a tourné la page des violents éclats surréalistes de son début de carrière, au profit d'un dialogue apaisé avec le spectateur. L'he…

Vies (2000)

Mince, j'ai failli rendre mon déjeuner sur la moquette de la salle 300 du Fdi. Pas classe. La dernière fois c'était devant Irréversible il y a au moins cinq ans. Pourtant il est pas du tout question d'extincteur dans Vies, c'est juste que la première vignette du docu porte sur un chirurgien ophtalmologiste, sa dernière journée au bloc... Et du coup, à côté de ça, Un chien andalou et son rasoir, c'est de la gnognotte…

Below Sea Level (2008)

Enthousiasme réservé face à ce documentaire très austère sur la forme. Le sujet intrigue, un genre de squat en plein désert où viennent "trouver abri" des "rejetés de la société". Mais en se contentant de filmer ses personnages au fil de l'eau, de capturer des moments ici et là sans plus de mise en scène et de ne garder que les plus évocateurs pour le montage final, Gianfranco Rosi reste loin de composer la réflexio…

Wallace et Gromit - Le mystère du lapin-garou (2005)

Oh, c'est sympa. Contrairement à Shaun le mouton, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup plus à se mettre sous la dent en dehors du récit, du coup le parti pris rustique ne m'a pas dérangé plus que ça. Wallace & Gromit est d'ailleurs clairement léger et inconséquent là où Shaun le mouton avait l'air de vouloir enfoncer son message vaseux (pour rappel, peu ou prou "la ville c'est caca, la campagne c'est la vie"). Il y…

The Ghost Writer (2010)

Un film d'enquête qui ne se dit pas immédiatement, exécuté avec maîtrise et retenue, avec la complicité d'acteurs au diapason, mais qui pâlit nécessairement en comparaison des réussites éclatantes de Polanski. La paranoïa délicieusement distillée rappelle Rosemary's Baby avant même que l'on comprenne tous les enjeux, mais on en vient du coup à regretter ce choix de photographie glacée, et cette trop faible gradation…

La dernière séance (1971)

Testé au hasard, c'est un raté. Qu'on ne s'y trompe pas, Peter Bogdanovich atteint à merveille le but qu'il s'était fixé, à savoir brosser le portrait d'une jeunesse condamnée à l'ennui et la solitude dans une bourgade texane quelconque, mais je me sens pas franchement concerné, je vois pas quoi en tirer... Que le mec s'abîme dans son fatalisme si ça lui chante, moi j'ai autre chose à faire. Je savais pas trop où…

Mirage de la vie (1959)

All that Heaven Allows m'avait fait croire que j'avais un penchant pour les mélos et Douglas Sirk en particulier, mais la deuxième expérience n'était pas aussi satisfaisante. Le récit de Imitation of Life semble s'attaquer à plusieurs sujets d'importance : dissolution du foyer, racisme et sexisme ordinaires, carrière vs. rencontres, famille monoparentale, salaire vs. idéalisme artistique... Mais Sirk tape tellement …

Lo and Behold, Reveries of the Connected World (2016)

Le plus récent documentaire de Werner Herzog m'a laissé sur ma faim. Organisé en une dizaine de chapitres qui traitent tour à tour de la naissance d'Internet, de harcèlement via les réseaux sociaux, d'intelligence artificielle ou encore de colonies sur Mars, Lo and Behold gambade dans un vaste panorama de problématiques technologiques contemporaines, de préoccupations mi-populaires mi-geek. Mais la disparité des …

Chance (2002)

Réalisé avec des bouts de ficelle et des potes du Whedonverse, le premier film d'Amber Benson donne corps aux éclairs de folie qu'on ne pouvait qu'imaginer dans la tête de son personnage de BtVS (Tara <3). En coloc avec James Marsters, la fille est à la fois mature et anxieuse de ne plus être jeune, libérée et toujours craintive de dépasser les bornes. Aucun truc pour maquiller la misère de budget, c'est dans l'espr…

Zombie - Le crépuscule des morts-vivants (1978)

J'imagine, après avoir créé le film de zombies avec Night of the Living Dead, que Romero a créé le film de zombies *à grande échelle* avec Dawn of the Dead ? En tout cas la première demi-heure, partagée entre un studio de télévision et une patrouille urbaine d'extermination, élargit de façon inventive et efficace le cadre somme toute intime du premier épisode de la série. Chaos, frénésie, panique... Des médias qui d…

Sous les cerisiers en fleurs (1975)

Mince, quel ennui. Peut-être les plus nippophiles y trouveront-ils leur compte. Les images de cerisiers en fleurs sont très belles (encore que : sans restauration, c'est pas aussi envoûtant que ça devrait l'être), par contre au niveau du récit, des thèmes... néant. Un sauvage des montagnes, mené à la baguette par une citadine vaniteuse rien que pour ses beaux yeux. Plus couillon c'est pas possible. Il y a bien un pe…

Prédestination (2014)

Looper, Timecrimes, Source Code aussi non ? Un peu toujours la même histoire, les mêmes techniques, les dissimulations de mise en scène qu'au fil des années, je trouve de plus en plus usées, artificielles, vaines. Predestination va plus loin dans le folklore des boucles temporelles, avec cet arrangement sexuel guignolesque, mais c'est au prix de l'émotion et du (peu de) sérieux que le registre parvenait encore à ins…

L'aurore (1927)

Un tear-jerker des familles... ce qui ne le prive ni de sa résonance, ni de ses efforts de mise en scène. D'ailleurs, même si les arrangements visuels de Murnau sont plus souvent invisibles que le contraire, Sunrise ne serait pas aussi redoutable sans eux. En ce qui me concerne, je ne cacherai pas que j'ai trouvé la première demi-heure assez lourdingue malgré sa grammaire inventive et irréprochable (une mutation …

Pirates (1986)

Un Polanski mineur, qui tente au moins en partie de reproduire le ton léger et décalé de Fearless Vampire Killers... M'enfin, les acteurs n'ont pas l'air tous au courant, pareil pour le compositeur dans les choux, et même Polanski semble oublier en cours de route ce qu'il veut faire. Excepté deux des interprètes, le délivré est très premier degré et manque trop souvent de conviction. Un peu comme de l'ironie qui …

2046 (2004)

mood Je sais pas par quel bout prendre 2046 tellement il s'étire dans tous les sens, mais en même temps c'est assez précisément ce que j'attendais de WKW. En cette capacité de film-somme, je comprends mieux d'ailleurs le virage de The Grandmaster ; après 2046, je ne vois plus trop ce que le gars pouvait encore explorer sur son propre terrain. Je ne sais pas si c'est ce dont j'avais besoin ce matin, m'enfin ça …

L'épine dans le cœur (2009)

Gondry avait signé un autre petit documentaire intime avant Conversation animée avec Noam Chomsky, et fort heureusement celui-ci n'était pas aussi visuellement atroce. La raison la plus évidente étant que L'Épine dans le cœur parle de sa tante et de son cousin qu'il a connus et qu'il aime, et pas d'un philosophe/linguiste/historien qu'il admire éperdument mais auquel il ne comprend rien (de son propre aveu). De l…

Aquarius (2016)

Je suis heureux de constater et d'annoncer que les quelques reproches que j'avais adressés à KMF pour Les Bruits de Recife sont joyeusement étrangers à mon expérience d'Aquarius. J'étais un peu claqué au début de la séance, pourtant le film était tellement fluide et généreux que la fin m'a complètement pris de court. Je pensais qu'il restait une heure au bas mot... Recife avait une structure chorale qui délayait …