Génération rebelle (1993)

Linklater a fait son propre American Graffiti, et ça s'appelle Dazed and Confused. Il avait pas l'âge pour réaliser le film quand il était ado texan dans les 70s, alors il a dû attendre le début des 90s pour s'y mettre, mais dans l'ensemble, en dehors d'un idéalisme un poil plus marqué et pas forcément pertinent, difficile d'identifier ce qu'il a apporté au genre. En troquant l'ambiance underground de son précédent …

Dark Star - L'étoile noire (1974)

Le premier long-métrage de Carpenter n'est pas profond pour un sou, et les mauvaises langues se laisseront distraire par les effets spéciaux datés (sur certains points il faut bien dire que ça s'assimile à un pastiche fauché de 2001). Moi j'aime bien ce charme désuet, tout comme les effets bariolés du Tron original. Mais surtout, Carpenter exhibe déjà de multiples talents qu'il perfectionnera au fil de sa carrière. …

La gueule du loup (1981)

La plaisir de Pietro Marcello à mélanger les registres de cinéma rappelle rapidement Guy Maddin, mais ce repère rassurant n'aide en définitive pas franchement à apprivoiser La Bocca del Lupo. Dans un mélange tournoyant d'interviews face caméra, de scènes reconstituées, de séquences symboliques, d'images d'archives ou encore d'extraits d'autres films, Marcello évoque la désindustrialisation portuaire de Gênes en même…

Fanboys (2009)

En 1998, quatre nerds traversent les Etats-Unis pour aller voler une copie de The Phantom Menace avant sa sortie en salles. Je crois que ce film avait intégré ma watch-list il y a cinq-six ans, soit sur vague suggestion de mon copain, soit parce que j'avais pensé que ça m'aiderait à comprendre certains trucs sur mon copain. Sauf que les quatre mecs sont sexistes, immatures et obsédés, et que le film (ironie) est …

Zathura - Une aventure spatiale (2005)

Film pour enfants. Je le dis pas de façon dégradante, quoique ce soit pas non plus le film le plus dégourdi à mettre devant les têtes blondes, mais ça a vraiment été produit avec ce public en tête. Musiques appuyées (des chœurs toutes les cinq minutes bien sûr), deux frères héros gentils et génériques, une progression évidente, des sfx pas surprenants mais propres et vaguement émerveillants. C'est plutôt respectueux…

La rue de la honte (1956)

Il m'aura fallu cinq ans et mille reconsidérations du cinéma pour que, après avoir trouvé "Les Contes de la lune vague après la pluie" chiants comme la pluie qui les a précédés, j'ose me lancer un deuxième Mizoguchi. Il m'aura fallu dix minutes de plus pour comprendre que ce serait probablement le dernier. Dans La Rue de la honte, Mizoguchi est obsédé par la question du réalisme ; les dialogues et les décors en p…

Veronika décide de mourir (2009)

Sarah Michelle Gellar atterrit dans une clinique psychiatrique après avoir avalé trop de cachets. Le début était correct malgré la généricité de la mise en scène, j'ai commencé à me poser les grandes questions du genre "où se situe l'équilibre entre chemin de croix personnel et soutien des proches ?" ou encore "à quel point la dignité d'un individu peut-elle être bafouée pour sa santé ?". Mais le film déroule son sc…

Resolution (2012)

Bel effort US pour mettre à jour les codes d'un sous-genre de l'épouvante. Si les gars avaient disposé de plus d'argent, ils auraient probablement fait parler d'eux comme It Follows deux ans plus tard ! Je vais éviter de trop en dire ; bien que le film ne joue sur aucun twist ou presque, son efficacité repose sur l'incertitude, sur le sentiment de ne pas savoir dans quoi on s'aventure... Le résultat est finalement a…

Mind Game (2004)

Mince, encore un film qui me laisse de marbre, je vais finir par croire que je les choisis exprès... J'ai à peine la motivation d'écrire quelque chose tant tout a été mieux fait ailleurs, et que le cocktail présenté ici n'est pas particulièrement séduisant. Malgré l'animation fantaisiste, on a affaire à une vision de la vie et de la mort très conservatrice. Malheureux de clamser à 20 ans parce qu'il trouve injust…

Ruined Heart: Another Lovestory Between a Criminal & a Whore (2014)

Motivé par la surprise Alipato de l'Étrange Festival, j'ai tenté le précédent film de Khavn, Ruined Heart. L'expérience reste très proche, mêmes plaisirs, mêmes légères frustrations. On sent que Khavn a mille idées qui lui traversent la tête et il les concrétise avec une efficacité que doivent envier la plupart des réalisateurs. Faut dire aussi qu'il a du bagage ; je n'avais pas conscience qu'il avait une cinquan…

Freaks - La monstrueuse parade (1932)

Moui. J'ai un peu dormi au début. Le fait que Tod Browning ait monté ce film en 1932 est proprement incroyable ; pour un public contemporain cela dit, je ne trouve pas qu'il y ait énormément à se mettre sous la dent. L'intrigue est élémentaire, et la particularité du contexte (une troupe de véritable "freaks" pour acteurs) fait appel à un voyeurisme sommaire qui me fait largement défaut. Les nanas sont siamoises, le…

Fritz le chat (1972)

Beaucoup de choses déjà dites dans le texte de Zogarok, si ce n'est que les critiques dont peut faire l'objet le personnage de Fritz me semblent tout à fait anticipées et recherchées. C'est le milieu des 60s vu avec la désillusion du début des 70s. Non seulement on raille l'échec de l'idéalisme hippie et la déconfiture du mouvement des droits civique ; période riche d'idées mais bien moins révolutionnaire qu'elle…

Metropolis (1927)

Mince, ça m'a pris de court ! Loin du Metropolis originel, le film de Rintaro se construit plutôt sur de multiples œuvres de science-fiction qui avaient déjà assimilé l'héritage de Fritz Lang. Au niveau des thématiques comme du rythme, il faut s'imaginer une fusion entre Blade Runner et Ghost in the Shell. Et j'ai l'impression que BioShock a pompé dessus à mort, que ce soit pour les épisodes à Rapture ou à Columbia …

The Adventure of Iron Pussy (2003)

Il existe des points de tension dans l’univers. Des moments de rupture, où les mutliples réalités convergent dans un paroxysme exceptionnel et, avec une explosion expiatoire, détruisent les frontières de la réalité en établissant une universalité aussi, euh, ok./ Regarder The Adventure of the Iron Pussy s’inscrit dans ce processus de découverte indescriptible, sensationnelle, aqualificative (hop une syllabe de pl…

Tu ne tueras point (2016)

Les gars, j'vais vous dire peu ou prou ce que j'avais dit après Requiem pour un massacre : est-ce que j'avais vraiment besoin d'un film de plus pour savoir que la guerre c'est atroce ? Et puis est-ce que je ne suis pas en droit de voir, derrière cet énième effort de représentation horrifique, l'orgueil d'un réalisateur qui veut montrer qu'il est capable de dégoûter dans la cour des grands ? C'est pas pour dire que c…

Irène (2009)

Irène se situe bien dans la lignée des deux autres Cavalier que j'ai eu la chance de découvrir, Vies et Le Paradis : des documentaires, dans le sens où ils filment le "réel", mais qui ne s'attachent pas moins à représenter des abstractions évasives et pourtant écrasantes, telles que la permanence arbitraire des souvenirs ou la culpabilité. Il résulte de cette tension une impression déroutante, comme si la fiction ch…

Captain Fantastic (2016)

Je râlais il y a quelques jours, comme quoi le cinéma américain ne mettait rien de neuf sur la table, que les dernières années étaient moroses pour Hollywood comme pour les auteurs moins en vue. Captain Fantastic n'a pu que me conforter dans ce point de vue. Vis à vis de l'histoire, c'est essentiellement une version familiale de Into the Wild (on y revient souvent à celui-là, ou peut-être que c'est seulement moi)…

Poesía Sin Fin (2016)

La Danza de la realidad, retour inespéré d'Alejandro Jodorowsky au cinéma après deux décennies d'obstacles financiers, voyait le réalisateur culte entamer l'adaptation de ses mémoires. Prolongement naturel de ce projet autobiographique, Poesía sin fin dresse le portrait d'un conteur qui a tourné la page des violents éclats surréalistes de son début de carrière, au profit d'un dialogue apaisé avec le spectateur. L'he…

Vies (2000)

Mince, j'ai failli rendre mon déjeuner sur la moquette de la salle 300 du Fdi. Pas classe. La dernière fois c'était devant Irréversible il y a au moins cinq ans. Pourtant il est pas du tout question d'extincteur dans Vies, c'est juste que la première vignette du docu porte sur un chirurgien ophtalmologiste, sa dernière journée au bloc... Et du coup, à côté de ça, Un chien andalou et son rasoir, c'est de la gnognotte…

Below Sea Level (2008)

Enthousiasme réservé face à ce documentaire très austère sur la forme. Le sujet intrigue, un genre de squat en plein désert où viennent "trouver abri" des "rejetés de la société". Mais en se contentant de filmer ses personnages au fil de l'eau, de capturer des moments ici et là sans plus de mise en scène et de ne garder que les plus évocateurs pour le montage final, Gianfranco Rosi reste loin de composer la réflexio…