La nuit nous appartient (2007)

Nan mais c'est quoi ce délire, j'ai compté huit perches dans le champ. HUIT. Et je suis sûr d'en avoir manqué. M'enfin, à part si tu te revendiques de la Nouvelle Vague c'est pas possible. Déjà deux ou trois ça suffit pour casser des montagnes d'immersion, alors huit...! Il regardait jamais ses rushes James Gray ou quoi ? Je comprends vraiment pas. D'ailleurs mon incompréhension s'étend au dernier tiers du film, …

La sonate à Kreutzer (1956)

Comme l'a dit Noël Herpe au Reflet Médicis : Rohmer revient de loin. La Sonate à Kreutzer est un moyen-métrage plutôt balourd, trop révérencieux envers la littérature, à la limite de l'auto-dépréciation. Ce qui va, après tout, avec le protagoniste complexé et jaloux interprété par Rohmer lui-même. Le film a un intérêt bien plus historique qu'intrinsèque, affalé dans des traits de mise en scène moroses contre lesquel…

La mort tragique de Leland Drum (1966)

J'ai cherché des textes pour m'expliquer cet acid western existentialisto-bullshit, mais personne ne s'est amusé à broder là-dessus comme les experts le font sur The Searchers de Ford, personne ne m'a convaincu. Après Two-Lane Blacktop, Monte Hellman confirme que sa capacité à rendre un template cinématographique chiant et pompeux ne s'arrête pas au road-movie. En tout cas j'ai vraiment pas la patience pour ce pseud…

Julieta (2016)

Les secrets passionnels des années 90, la question narrative des années 2000, la plastique des années 2010 : le dernier Almodóvar, malgré ses allures modestes, brasse beaucoup d'éléments de sa filmographie. Le mélo est compact, sans temps mort ; les secrets et les retournements tragiques se succèdent, perdent certainement en intensité par rapport à ses drames précédents, mais alors au profit d'une assurance, d'une c…

Rio Bravo (1959)

Ma foi, c'est un peu inespéré. Depuis la petite déconvenue The Searchers et la déception Stagecoach, je n'aborde plus les westerns classiques sans méfiance, mais Rio Bravo a bien marché. Rien de révolutionnaire, c'est même plutôt modeste, il y a une dimension "huis clos en ville" car on n'en sortira jamais, de Rio Bravo, on ne se baladera jamais dans les grands espaces ocres et désertiques, mais ça profite clairemen…

Buried (2010)

Voilà donc un survival coincé dans une boîte dont le réalisateur n'a fatalement pu tirer aucune qualité esthétique, avec un gars que j'avais envie de voir clamser au bout de dix minutes. Parce que non content d'être impulsif à un point proche de la stupidité, le type est chiant et normatif au possible, bref tout pour m'insupporter. Qu'on n'aille pas me dire que ses prétendues crises d'anxiété excusent les dizaines d…

Purple Rain (1984)

Une fois mais pas deux. C'est pas l'introduction idéale à Prince que j'attendais, mais ça fera l'affaire. En fait Prince est sur scène au plus un tiers du temps du film, et le reste est un mélange de musique des 80s moins glorieuse (d'autres groupes) et de scènes narratives pas folles. Non qu'elles soient déplacées ; elles mettent relativement bien en perspective d'où vient la musique de Prince, un mélange d'amour, …

La bûche (1999)

Téléchargé il y a huit ans. Allez savoir pourquoi. Un des grands irréductibles que je gardais dans un coin et que, le temps passant, je me sentais toujours plus investi du devoir de lancer. Ou en tout cas, j'avais de plus en plus de scrupules à l'idée de le supprimer. Ce soir, clap de fin. La Bûche comporte littéralement une recette de dinde de Noël, plantée au milieu de son générique, mais c'est bien la seule ch…

L'étrange créature du lac noir (1954)

Non. Si les premiers plans de la forêt amazonienne impressionnent et que la première séquence tournée sous l'eau surprend, cette vieille série B déraille rapidement et s'achève dans un chœur de stupidité impardonnable. L'ironie de cette intrigue basée sur la recherche d'un certain chaînon manquant entre les bestioles aquatiques et l'homme, c'est qu'on y retrouve toutes les horreurs cinématographiques encore d'act…

Café Society (2016)

Malheureusement, je peine à comprendre l'enthousiasme qui accompagne la sortie du nouveau Woody Allen. Pour l'humour il faudra repasser. Je tourne définitivement la page des expérimentations mal-aimées de To Rome with Love, ici règnent les répliques inoffensives, conventionnelles, pataudes, qui font presque honte au verbe incisif et féroce de ses classiques des années 70 et 80. Vu le lendemain de Ma Loute, c'en est …

The Wolfpack (2015)

Encore quelqu'un qui confond globalement reportage et documentaire, heureusement le sujet est assez inédit et en évolution (le tournage du film lui-même ayant sans doute pesé sur les événements auxquels on assiste) pour maintenir l'attention. C'est vraiment ça qui sauve le film en fait, le fait de voir, en direct, des gens accepter du changement, reconnaître des erreurs, ne pas se cacher derrière la honte et la peur…

Green Room (2015)

Devant ce genre de projet je repense à The Conjuring, où James Wan avait décidé de jeter la plupart des tares et des facilités dont s'était affublé le genre horrifique au cours de la dernière décennie. Jeremy Saulnier a fait la même chose avec le survival. Les quelques facilités/clichés qu'il se permet (planque souterraine, trahison chez les méchants, romance de mélo, chien de Tchekhov) ne tardent jamais à se révéle…

L'impasse (1993)

Le conte du gangster qui tente de décrocher, on l'a déjà vu cent fois (c'est l'histoire du cinéma de Michael Mann ça, non ?), alors il y a d'autant plus de mérite à en présenter une version qui touche encore au cœur. Excellent rythme et superbes compositions picturales orchestrées par un De Palma en force, qui n'a aucun problème à retourner quinze ans en arrière pour ressusciter avec efficacité et naturel les 70s. U…

Le Cheval de Turin (2011)

Depuis près de deux ans, je me découvre particulièrement réfractaire aux cinémas qui manifestent un pessimisme absolu et irrationnel, au point presque de posséder un repère pour l'attribution de mes notes minimales : The Tribe, Au hasard Balthazar, Dancer in the Dark, Biutiful, Festen, Hunger, vous voyez le tableau. Il s'avère que le programme de fond du Cheval de Turin n'est guère éloigné, mais Béla Tarr ne chercha…

Mesures contre les fanatiques (1969)

L'apparition de la couleur dans le cinéma de Werner Herzog ne constitue en rien un jalon dans sa filmographie. Mesures contre les fanatiques semble en effet avoir été tourné avec la même insouciance que Dernières paroles, comme si Herzog et son équipe s'étaient subitement aperçu qu'ils avaient emporté leur matos en plein week-end aux courses. À en croire les quelques lignes de générique, les responsables de la ka…

BioShock Infinite (2013)

En dépit d'un moteur de jeu passable pour 2013, la direction artistique aux accents de steampunk impressionne, mais c'est bien le seul aspect convaincant de BioShock Infinite. Certains ont écrit des tartines pour essayer de démêler l'histoire, mais force est de constater qu'elle est trop éparpillée. Omettant le commentaire anti-ségrégation assez bateau, le studio a voulu jouer avec des notions de physique quantiq…

Game of Thrones (2011)

Comme je n'ai pas l'impression d'avoir retrouvé mon avis ailleurs sur SC, je me permets de poster le torchon ci-dessous. J'espère que vous saurez excuser la paresse d'écriture dont il témoigne. Partant d'une première saison de qualité uniforme quoique passable, mon appréciation de GoT s'est faite de plus en plus en dents de scie. Au pire, la série est hâbleuse, artificielle, thématiquement creuse ; au mieux, cert…

Dodeskaden (1970)

Après la déconvenue Yojinbo, je me suis dit que sans samouraï, j'apprécierais peut-être plus Kurosawa. Mais c'était pas encore le bon film. Dodes'kaden, c'est un choral dans un bidonville expressionniste, mais comme souvent avec Kuro les acteurs surjouent et leurs persos sont caricaturaux. Difficile de s'y attacher dans ces conditions. D'autant plus que je vois pas trop l'intérêt du film, un mélange de "les pauvres …

English Revolution (2013)

Bon dieu, encore une de ces expériences sensorielles foireuses, j'ai l'impression de les enchaîner sans le vouloir depuis The Assassin. L'ironie de glisser complètement sur le dernier long-métrage de Ben Wheatley (à l'aube de la sortie française de High Rise), alors que ce sont les bons échos de ce A Field in England qui m'avaient motivé en 2014 à me lancer dans la petite filmographie du bonhomme, et avec une cer…

Fuckkkyouuu (2015)

Après écoute de son album You're Dead, je savais que Flying Lotus touchait à des trucs pas nets, mais ce court-métrage va encore au-delà de ce qu'on pouvait attendre. L'intrigue reste imbitable mais ce n'est pas franchement ce qui intéresse Eddie Alcazar. Les images parviennent sans mal à infuser un grand malaise, avec un noir et blanc audacieusement sombre et un montage agressif. Et la musique oppressante complète …