Showgirls (1995)

Il y a anguille sous roche, et les indices tombent assez rapidement : Paul Verhoeven, le réalisateur des sommets d'ironie acide Robocop et Starship Troopers ; Kyle MacLachlan, acteur fétiche de Twin Peaks, beau gosse mensonger de l'Amérique ; "I'm afraid of Americans" en discret fond sonore de la première discothèque, morceau assez explicite de Bowie (en passant, j'étais convaincu que c'était un morceau de l'ango…

Le nouveau monde (1995)

Il ne me manquait plus qu'un Malick. Comme tous ses autres films, je suis heureux d'avoir attendu une réédition en salle. Comme tous les autres aussi (à l'exception peut-être de The Thin Red Line), je suis admiratif devant le travail accompli, et je suis un peu touché par ce qui se déroule sous mes yeux, mais je me sens glisser sur ce qui se passe, et je regrette de ne pas atteindre l'état de pensée idéal pour recev…

Rester vertical (2016)

Guiraudie ouvre la rentrée cinématographique avec un objet délicieusement étrange. D'un côté, tout est fait pour désorienter le public. Bien que les scènes se succèdent dans une progression nettement à sens unique, les pistes sont brouillées dans le temps aussi bien que dans l'espace. Rester Vertical ne rechigne pas à montrer des trajets en voiture ou en barque, mais ailleurs, n'hésite pas non plus à opérer des elli…

Starseed Pilgrim (2013)

Je m'accorderais sans doute plus de temps à découvrir des jeux vidéo si je n'avais pas la sensation que les productions actuelles offrent des expériences trop semblables les unes aux autres. Prenez la ribambelle de FPS qui se reproduisent incestueusement depuis... Halo ? Half-Life ? Doom ? Si j'ai tendance à regarder de haut ce filon AAA, ce n'est pas tant parce que je trouve les mécaniques du genre intrinsèquement …

L'antre de la folie (1994)

Je trépigne régulièrement à l'idée d'une adaptation digne de Lovecraft, et j'aimerais citer avec la ferveur de mise son influence prééminente sur In the Mouth of Madness. Hélas, de ma part, ce serait mentir. Il ne suffit pas d'évoquer une horreur indicible dans un nombre réduit de scènes, encore faut-il se tenir à cette attitude silencieuse et suggérée... Quand John regarde dans l'abîme des Anciens avec la caméra qu…

Vacances à Venise (1955)

David Lean est décidément un grand touche-à-tout. S'il avait été du style à bosser nuit et jour, étant donné la variété des intérêts que sa filmo laisse transparaître, Kubrick serait un bon point de comparaison. Summertime passe pour un film mineur dans sa carrière, mais l'ignorer face à The Bridge on the River Kwai ou à Lawrence of Arabia reviendrait un peu à dire que Paths of Glory est une bobine facilement oublia…

Faits Divers (1983)

Je vois des gens écrire que Depardon nous rappelle ce que c'est que la réalité en nous montrant des victimes de viol et des violeurs, des kidnappeurs d'enfant, des drogués, des suicidaires, des mamies cliniquement séniles, d'autres plus simplement frontistes, et tutti quanti. Le titre est pas assez clair peut-être ? Faits Divers, c'est-à-dire tout ce qui va dévier de la rengaine tranquille du parigot et être un tant…

Happy Feet (2006)

Bah mince, Fritz avait complètement raison. Aussi improbable que ça paraisse, il y a de quoi aimer Happy Feet de la même façon que Fury Road. Je relis ce que j'avais écrit à l'époque, et en changeant les noms et en remplaçant "hommes" par "pingouins" je tomberais vraiment pas loin. Au point que j'ai pas grand-chose à écrire, parce que ça tournerait vite au copier-coller. Tout y est, depuis la révolte anti-défaitiste…

Miami Vice - Deux flics à Miami (2006)

Je suis un peu étourdi par le fait d'avoir très rarement compris l'intrigue et ses enjeux en direct. Non que le scénario aille particulièrement vite, ni que le fond de l'histoire, une affaire assez bateau de cartel à infiltrer, soit complexe à appréhender... Le montage joue là-dedans, j'aurais du mal à le décortiquer mais il m'inspire une sensation de "never look back". Prisonnier du présent, et incapable de se p…

La grande vadrouille (1966)

Bourvil et de Funès font leurs zouaves respectifs dans une France sous occupation, qui ressemble pourtant joliment à une carte postale des années 60. On y passe un bon moment ; pas tant parce que les gags sont fins ni même franchement bien trouvés, mais plutôt parce que le scénario file une véritable veine d'aventure. Les décors explorés jouent un peu, mais c'est surtout l'alchimie entre les acteurs (le duo principa…

Gare centrale (1958)

Premier contact avec Youssef Chahine, je ne pense pas me donner la peine de réitérer l'expérience. Du néoréalisme comme faisaient les italiens, sauf que là c'est un égyptien. C'est l'histoire d'un gars méchamment frustré parce qu'une fille ne répond pas à ses avances. Un drame pas très intéressant qui suit des chemins assez balisés. Enfin, balisés pour un public actuel : nul doute que la moralité un peu trouble et l…

Léon (1994)

Pas aussi couillu que Subway, pas aussi couillon que Lucy, Leon et ses gros sabots mettent le spectateur sur des rails avec suffisamment de savoir faire et de second degré pour que ce soit pas la honte. J'avais la version longue sous la main et c'est la première fois que je voyais le film dans son intégralité ; j'imagine que les scènes additionnelles étoffent la relation entre Leon et Mathilda, quand même assez trou…

Largo Winch (2008)

Je pense écrire plus tard les motivations derrière mon abandon des notes et les alternatives que je suis en train d'adopter, mais en gros "regarde actuellement" ce sera pour dire que je n'ai pas été convaincu. Et pour Largo Winch en particulier, on est dans l'euphémisme. Je suis pas familier de l'univers original, mais si l'adaptation de Jérôme Salle lui est fidèle, alors je suis heureux de ne jamais y avoir touc…

Tout ce que le ciel permet (1955)

Impossible de s'empêcher de penser à la pub Lancôme. Dans un monde fait de diktats et de conventions, y aurait-il une autre voie ? All that Heaven Allows est sans doute la première source d'inspiration pour le Far From Heaven de Todd Haynes. Heureusement, en ce qui me concerne, l'original est bien meilleur que la copie. C'est un mélo sincère, d'une grande classe, avec des répliques incisives comme dans les bons W…

Anvil: The Story of Anvil (2008)

Si on ne m'a pas menti, Anvil était là avant Metallica, Megadeth et les autres, sauf qu'ils n'ont pas réussi à maintenir leur succès et que le temps les a lentement effacés de l'histoire des métalleux. Qu'importe : vingt-cinq ans et dix albums plus tard, ils continuent de faire de la musique ensemble, d'enregistrer quand ils ont les sous (ou quand grande soeur les a (ou quand la maison peut être à nouveau hypothéqué…

Le voyeur (1960)

"British reviews tended towards the hyperbolic in negativity. Derek Hill, reviewer of the Tribune suggested that the film should be disposed of, thrown into a sewer. Yet, in his view, its stench would remain. Len Mosley writing for the Daily Express claimed that the film is more nauseating and depressing than the leper colonies of East Pakistan, the back streets of Bombay, and the gutters of Calcutta." Haha quand…

Sonatine, mélodie mortelle (1993)

Nettement plus charmé par Sonatine que par L'été de Kikujiro. Il s'agit pourtant un peu du même film de vacances où l'avatar de Kitano, au départ engoncé par son train-train urbain, va se redécouvrir. Le fait que ça ait marché cette fois tient beaucoup à la bande-son (Joe Hisaishi y est nettement plus remarquable) et surtout au personnage principal. Je ne surprendrai sans doute personne en disant que je me projette …

La passion de Jeanne d'Arc (1928)

Tourné comme un parlant mais finalement muet du fait des limitations techniques du studio retenu, j'ai découvert La Passion de Jeanne d'Arc avec le Lamentate d'Arvo Pärt, sur un montage de trineor. Un sacré boulot (oups, blasphème) qui rend les tableaux tragiques de Dreyer encore plus marquants. Renée Falconetti crève l'écran dans son rôle de martyr, dépouillée de sa dignité par une Église qui veut lui faire conf…

Nikita (1990)

Je me disais déjà que Léon c'était du travail de boucher, sauf qu'un boucher ça sait encore découper du jambon en jolies tranches. À côté de ça, Nikita c'est de l'équarrissage. C'est la tronçonneuse que Besson, la bave aux lèvres, agite comme un maniaque pour essayer de tétaniser le spectateur sur son siège, et pour cacher l'absence du moindre intérêt derrière tout ce capharnaüm. Je me suis arrêté au milieu du deuxi…

Salaam Bombay! (1988)

Donc c'est l'histoire d'un gamin abandonné par sa famille puis par un cirque itinérant, qui arrive dans Bombay et se lie d'amitié avec un junkie ainsi qu'une fille mutique vendue à un bordel pour sa virginité. Le proxénète est violent et vicieux, les gosses des rues sont pas aimables, là le gamin vient de se faire frapper par un policier pour ensuite être balancé dans un foyer... Caméra d'or à Cannes en 1988. Ah c'e…