Nemesis (2016)

Ils sont allés tourner dans des hameaux désertiques américains, alors c'est plutôt joli. Mais en dehors de ça, le héros traqué par des vigilantes (essentiellement invisibles) pour un crime qu'il n'est pas censé avoir commis, euh, c'est l'ennui. Traitement pas original et pas crédible non plus, les quelques ennemis qui apparaissent se laissent tranquillement charcuter... Faire un film de genre, ou bien ne pas avoir u…

Alipato: The Very Brief Life of an Ember (2016)

Entre SF d'anticipation et post-apo, voilà une belle surprise. L'histoire d'un gang de gamins philippins, qui vivent dans une décharge, incarnant un genre de trash new rave aussi fascinant que dérangeant. Il y a des bouts de Clockwork Orange là-dedans, mais aussi de Il est difficile d'être un dieu. En effet, pour plus d'une scène, on est tenté de croire que la narration n'est qu'une excuse pour se livrer à des plan-…

Where to Invade Next (2015)

Déjà, il faut comprendre que le titre est franchement trompeur : la question du militarisme n'est pas sur la table, en fait Michael Moore "envahit" des pays d'Europe (+ la Tunisie, et éventuellement le dernier que je n'ai pas eu le temps de voir) pour discuter avec quelques autochtones et "repartir" avec des idées d'acquis sociaux à développer aux USA. Donc ça parle de congés payés, de parité hommes-femmes, de devoi…

Désir meurtrier (1964)

Imamura gagne en maturité. La Femme Insecte est sortie à un an d'écart et ça se sent. Personnages mieux creusés, relations sulfureuses, érotisme dérangeant. D'un point de vue technique aussi, ça avance. Le souci de la construction des plans est présent comme depuis son premier film, mais le catalogue de procédés employés s'est clairement enrichi. Je pense notamment aux gros plans sur les personnages, plus osés, plus…

Raman Raghav 2.0 (2016)

Quel ennui, quel vide. C'est ma faute aussi, si j'avais appris avant les dix premières secondes du film (douche froide) que Psycho Raman avait été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, j'aurais immédiatement compris qu'il ne s'agissait aucunement du film indien nanardesque que j'attendais un petit peu. Du coup on nous ressort le coup du flic justicier et du criminel de bas étage qui suivent les mêmes pa…

Cochons et Cuirassés (1961)

Ayant vu une majorité des films de sa première moitié de carrière, je peux maintenant affirmer que je me sens rarement concerné par les histoires d'Imamura, mais je suis tellement amoureux de sa mise en scène que ça ne change pas grand-chose. Cochons et cuirassés déroule son récit mafieux sur fond d'occupation américaine. Non content d'entretenir la maîtrise qu'il manifeste depuis trois ans et cinq films, Imamura, p…

Showgirls (1995)

Il y a anguille sous roche, et les indices tombent assez rapidement : Paul Verhoeven, le réalisateur des sommets d'ironie acide Robocop et Starship Troopers ; Kyle MacLachlan, acteur fétiche de Twin Peaks, beau gosse mensonger de l'Amérique ; "I'm afraid of Americans" en discret fond sonore de la première discothèque, morceau assez explicite de Bowie (en passant, j'étais convaincu que c'était un morceau de l'ango…

Le nouveau monde (1995)

Il ne me manquait plus qu'un Malick. Comme tous ses autres films, je suis heureux d'avoir attendu une réédition en salle. Comme tous les autres aussi (à l'exception peut-être de The Thin Red Line), je suis admiratif devant le travail accompli, et je suis un peu touché par ce qui se déroule sous mes yeux, mais je me sens glisser sur ce qui se passe, et je regrette de ne pas atteindre l'état de pensée idéal pour recev…

Rester vertical (2016)

Guiraudie ouvre la rentrée cinématographique avec un objet délicieusement étrange. D'un côté, tout est fait pour désorienter le public. Bien que les scènes se succèdent dans une progression nettement à sens unique, les pistes sont brouillées dans le temps aussi bien que dans l'espace. Rester Vertical ne rechigne pas à montrer des trajets en voiture ou en barque, mais ailleurs, n'hésite pas non plus à opérer des elli…

Starseed Pilgrim (2013)

Je m'accorderais sans doute plus de temps à découvrir des jeux vidéo si je n'avais pas la sensation que les productions actuelles offrent des expériences trop semblables les unes aux autres. Prenez la ribambelle de FPS qui se reproduisent incestueusement depuis... Halo ? Half-Life ? Doom ? Si j'ai tendance à regarder de haut ce filon AAA, ce n'est pas tant parce que je trouve les mécaniques du genre intrinsèquement …

L'antre de la folie (1994)

Je trépigne régulièrement à l'idée d'une adaptation digne de Lovecraft, et j'aimerais citer avec la ferveur de mise son influence prééminente sur In the Mouth of Madness. Hélas, de ma part, ce serait mentir. Il ne suffit pas d'évoquer une horreur indicible dans un nombre réduit de scènes, encore faut-il se tenir à cette attitude silencieuse et suggérée... Quand John regarde dans l'abîme des Anciens avec la caméra qu…

Vacances à Venise (1955)

David Lean est décidément un grand touche-à-tout. S'il avait été du style à bosser nuit et jour, étant donné la variété des intérêts que sa filmo laisse transparaître, Kubrick serait un bon point de comparaison. Summertime passe pour un film mineur dans sa carrière, mais l'ignorer face à The Bridge on the River Kwai ou à Lawrence of Arabia reviendrait un peu à dire que Paths of Glory est une bobine facilement oublia…

Faits Divers (1983)

Je vois des gens écrire que Depardon nous rappelle ce que c'est que la réalité en nous montrant des victimes de viol et des violeurs, des kidnappeurs d'enfant, des drogués, des suicidaires, des mamies cliniquement séniles, d'autres plus simplement frontistes, et tutti quanti. Le titre est pas assez clair peut-être ? Faits Divers, c'est-à-dire tout ce qui va dévier de la rengaine tranquille du parigot et être un tant…

Happy Feet (2006)

Bah mince, Fritz avait complètement raison. Aussi improbable que ça paraisse, il y a de quoi aimer Happy Feet de la même façon que Fury Road. Je relis ce que j'avais écrit à l'époque, et en changeant les noms et en remplaçant "hommes" par "pingouins" je tomberais vraiment pas loin. Au point que j'ai pas grand-chose à écrire, parce que ça tournerait vite au copier-coller. Tout y est, depuis la révolte anti-défaitiste…

Miami Vice - Deux flics à Miami (2006)

Je suis un peu étourdi par le fait d'avoir très rarement compris l'intrigue et ses enjeux en direct. Non que le scénario aille particulièrement vite, ni que le fond de l'histoire, une affaire assez bateau de cartel à infiltrer, soit complexe à appréhender... Le montage joue là-dedans, j'aurais du mal à le décortiquer mais il m'inspire une sensation de "never look back". Prisonnier du présent, et incapable de se p…

La grande vadrouille (1966)

Bourvil et de Funès font leurs zouaves respectifs dans une France sous occupation, qui ressemble pourtant joliment à une carte postale des années 60. On y passe un bon moment ; pas tant parce que les gags sont fins ni même franchement bien trouvés, mais plutôt parce que le scénario file une véritable veine d'aventure. Les décors explorés jouent un peu, mais c'est surtout l'alchimie entre les acteurs (le duo principa…

Gare centrale (1958)

Premier contact avec Youssef Chahine, je ne pense pas me donner la peine de réitérer l'expérience. Du néoréalisme comme faisaient les italiens, sauf que là c'est un égyptien. C'est l'histoire d'un gars méchamment frustré parce qu'une fille ne répond pas à ses avances. Un drame pas très intéressant qui suit des chemins assez balisés. Enfin, balisés pour un public actuel : nul doute que la moralité un peu trouble et l…

Léon (1994)

Pas aussi couillu que Subway, pas aussi couillon que Lucy, Leon et ses gros sabots mettent le spectateur sur des rails avec suffisamment de savoir faire et de second degré pour que ce soit pas la honte. J'avais la version longue sous la main et c'est la première fois que je voyais le film dans son intégralité ; j'imagine que les scènes additionnelles étoffent la relation entre Leon et Mathilda, quand même assez trou…

Largo Winch (2008)

Je pense écrire plus tard les motivations derrière mon abandon des notes et les alternatives que je suis en train d'adopter, mais en gros "regarde actuellement" ce sera pour dire que je n'ai pas été convaincu. Et pour Largo Winch en particulier, on est dans l'euphémisme. Je suis pas familier de l'univers original, mais si l'adaptation de Jérôme Salle lui est fidèle, alors je suis heureux de ne jamais y avoir touc…

Tout ce que le ciel permet (1955)

Impossible de s'empêcher de penser à la pub Lancôme. Dans un monde fait de diktats et de conventions, y aurait-il une autre voie ? All that Heaven Allows est sans doute la première source d'inspiration pour le Far From Heaven de Todd Haynes. Heureusement, en ce qui me concerne, l'original est bien meilleur que la copie. C'est un mélo sincère, d'une grande classe, avec des répliques incisives comme dans les bons W…