Le Syndrome d'Asperger : Guide complet (2006)

Le livre s'adresse pêle-mêle aux parents d'enfants SA, au corps enseignant, au grand public, aux psychologues, aux psychothérapeutes, et un peu aux personnes SA. En voulant tout faire à la fois, il perd en crédibilité. Sans compter le validisme latent (et la transphobie plus discrète). J'aimerais un monde où les personnes SA sont respectées pour ce qu'elles sont, pas pour leur capacité à se fondre parmi les neurotyp…

Gens de Dublin – Quatre nouvelles (1914)

Triste édition qui réunit uniquement quatre des quinze nouvelles de Joyce. J'y ai découvert une voix singulière, naturaliste avec un filtre romantique. Mais je reste quand même sur ma faim d'ambition, de démesure et d'innovation.

Le Bruit et la Fureur (1929)

La confusion des deux premières parties, plongées dans les flux de conscience, élargit le champ des possibilités narratives sans forcément enrichir l'histoire... Ce Parnasse dérégulé fascine autant qu'il épuise. En même temps, peut-être que la réponse au puzzle des Compson n'est pas à chercher dans l'emmêlement de leur ruine familiale, mais dans les gouffres qui séparent leurs mondes intérieurs respectifs. Peut-être…

Ils ne sont pour rien dans mes larmes (2012)

Choisi par hasard en bibliothèque, le livre était écrit avec les pieds.

La mala hora (1962)

J'ai mis deux semaines à lire les quinze dernières pages, c'est dire mon état affairé, mais aussi la structure trop diffuse de ce premier roman, qui préfigure Cent ans de solitude.

De sang-froid (1966)

Du journalisme racé : une plume mature s'enjaille à décrire des meurtres gratuits, des cavales éperdues, et des criminels aux psychismes torturés.

La Cité des permutants (1994)

Transhumanisme et hard SF, un programme toujours à mon goût, même si l'écriture de Greg Egan était moins digeste que pour son recueil de nouvelles Axiomatic.

Mrs Dalloway (1925)

Stream of consciousness storytelling. L'anxiété en roue libre sur les pages.

Les Justes (1949)

Une pièce aride, presque antique, dont la houle philosophique tourne autour des limites arbitraires à donner à la liberté humaine. Mais je ne crois pas, contrairement à Camus qui brandit l'innocence des innocents, qu'il existe une réponse autre que la bonne conscience.

Aurélien (1944)

Le récit d'un amour comme expérience éminemment subjective, traversé par le goût de l'absolu (relire le chapitre XXXVI, de temps à autre) et l'ivresse des années folles.

Mœbius Transe Forme (2010)

Un homme à l'écoute de son inconscient.

Shigeru Ban (2012)

L'œuvre, en cours, est curieuse : elle alterne entre villas épurées et abris pour réfugiés.

Le Corbusier (2008)

Le modernisme architectural a fait son temps.

La Chute (1956)

Camus vitupère contre un libre-arbitre qu'il ne parvient à chérir que sur le papier. J'ai longtemps conçu « il faut imaginer Sisyphe heureux » comme une rédemption optimiste. Et soudain j'ai vu l'incitation. Il le faut, sans quoi rien ne tient. Mais comment, ou pourquoi, s'abandonner à cet axiome ? L'échec de la raison tient peut-être en ce seul verbe.

Trois contes (1877)

Versatile mais toujours vibrant, le style de Flaubert le détache du simple moralisme.

L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1985)

Par le biais de troublantes études de cas, un neurologue anglo-saxon défrichait certaines frontières invisibles de la conscience humaine et de nos fragiles identités.

Novecento : pianiste (1994)

Une variation sur le mythe du génie : cette fois un pianiste orphelin qui passe sa vie sur un paquebot. L'histoire est courte et sympathique, son style est incisif et artificiellement complice, comme une punchline qu'il ne faut pas essayer de creuser.

La Caste des Méta-Barons (1992)

L'univers graphique de Jodorowsky ne se laisse pas facilement réduire —moins encore que celui qu'il révèle par ses films. Liens du sang, sexisme, transidentité (si si), sacrifice, poésie, tout s'emmêle dans un capharnaüm épique. Et les dessins de Gimenez, étonnamment, parviennent à soutenir cette exaltation permanente. À souhaiter que les producteurs de science-fiction s'y penchent un jour... quand les technologies …

Orgueil et Préjugés (1813)

Abandonné au second tiers.

Les Portes de la perception (1954)

Aldous Huxley décrit avec équilibre et minutie l'impression extatique d'unité exhaustive, d'émancipation du jugement, suscitée par une prise de mescaline. Le second essai, Heaven and Hell, réunit des considérations esthétiques sur les visions associées : couleurs surnaturelles, lacis géométriques, infinis téléscopique et macroscopique, etc.