Les Justes (1949)

Une pièce aride, presque antique, dont la houle philosophique tourne autour des limites arbitraires à donner à la liberté humaine. Mais je ne crois pas, contrairement à Camus qui brandit l'innocence des innocents, qu'il existe une réponse autre que la bonne conscience.

Aurélien (1944)

Le récit d'un amour comme expérience éminemment subjective, traversé par le goût de l'absolu (relire le chapitre XXXVI, de temps à autre) et l'ivresse des années folles.

Mœbius Transe Forme (2010)

Un homme à l'écoute de son inconscient.

Shigeru Ban (2012)

L'œuvre, en cours, est curieuse : elle alterne entre villas épurées et abris pour réfugiés.

Le Corbusier (2008)

Le modernisme architectural a fait son temps.

La Chute (1956)

Camus vitupère contre un libre-arbitre qu'il ne parvient à chérir que sur le papier. J'ai longtemps conçu « il faut imaginer Sisyphe heureux » comme une rédemption optimiste. Et soudain j'ai vu l'incitation. Il le faut, sans quoi rien ne tient. Mais comment, ou pourquoi, s'abandonner à cet axiome ? L'échec de la raison tient peut-être en ce seul verbe.

Trois contes (1877)

Versatile mais toujours vibrant, le style de Flaubert le détache du simple moralisme.

L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1985)

Par le biais de troublantes études de cas, un neurologue anglo-saxon défrichait certaines frontières invisibles de la conscience humaine et de nos fragiles identités.

Novecento : pianiste (1994)

Une variation sur le mythe du génie : cette fois un pianiste orphelin qui passe sa vie sur un paquebot. L'histoire est courte et sympathique, son style est incisif et artificiellement complice, comme une punchline qu'il ne faut pas essayer de creuser.

La Caste des Méta-Barons (1992)

L'univers graphique de Jodorowsky ne se laisse pas facilement réduire —moins encore que celui qu'il révèle par ses films. Liens du sang, sexisme, transidentité (si si), sacrifice, poésie, tout s'emmêle dans un capharnaüm épique. Et les dessins de Gimenez, étonnamment, parviennent à soutenir cette exaltation permanente. À souhaiter que les producteurs de science-fiction s'y penchent un jour... quand les technologies …

Orgueil et Préjugés (1813)

Abandonné au second tiers.

Les Portes de la perception (1954)

Aldous Huxley décrit avec équilibre et minutie l'impression extatique d'unité exhaustive, d'émancipation du jugement, suscitée par une prise de mescaline. Le second essai, Heaven and Hell, réunit des considérations esthétiques sur les visions associées : couleurs surnaturelles, lacis géométriques, infinis téléscopique et macroscopique, etc.

Et si c'était vrai... (2000)

Je pensais m'accorder une lecture tranquille de quelques jours, mais le premier chapitre m'a dégoûtée. Je n'avais rien lu d'aussi laid depuis la traduction du premier Twilight.

Lettres (1754)

Le badinage épistolaire d'une aristo, qui compensait l'étiolement progressif de ses privilèges avec une préciosité capitonnée.

Thérèse Desqueyroux (1927)

Un court roman psychologique dont les techniques narratives, évoquant désormais les séries B policières, font à moitié sourire. Les formules consacrées, prisons du langage, y reflètent la pensée autocensurée des notables provinciaux.

Pulp (1994)

Acide et drôle, Bukowski terminait sa vie sur une parodie des romans de gare.

L'Automne du patriarche (1975)

Les déboires rocambolesques de ce dictateur antillais, narrés dans un style fluide et ample qui évoque les mouvements indécis de la mémoire, relèvent du drame divertissant.

Les Mots (1964)

Un récit autobiographique où Sartre tente d'élucider et de juger son rapport à l'écriture, quelque part entre la psychanalyse ludique, la sociologie de la bourgeoisie, et l'interprétation rétrospective de l'enfance sous l'influence de l'existentialisme.

Shades of Grey: The Road to High Saffron (2009)

Une escapade pleine d'humour, dans une dystopie où le rang social repose sur la perception des couleurs. L'exposition de cet univers loufoque (et occasionnellement menaçant) est équilibrée sur l'ensemble du roman, pendant que se déroulent en parallèle des intrigues entrelacées et ludiques, comme un point-and-click savamment rythmé.

Cristallisation secrète (1994)

Je ne suis pas en mesure d'établir si ça vient de la langue japonaise, de la traduction française, ou bien du style d'origine, mais j'ai trouvé ce roman assez... naïf ? Les mots de Yōko Ogawa sont simples, les descriptions des choses et des sentiments sont flottantes, mais moins poétiques que banales et atones. Certes, il pourrait s'agir d'un choix délibéré, visant à marquer l'ingénuité de la narratrice face à la…