The Transcendental Object at the End of Time (2014)

Le message porté par Terence McKenna ravive un humanisme profond qui fait défaut à l'époque contemporaine. Ce montage de 3h30, par contre, n'était pas le meilleur moyen pour le relayer : à l'échelle d'un documentaire, les sujets abordés sont trop nombreux, à peine articulés, et il eût fallu un minimum de commentaires en contrepoint.

La terre de la folie (2009)

Loufoque et pince-sans-rire, Luc Moullet enquête sur le flux de crimes qui traverse les villages d'un pentagone de folie rurale, comme le foehn alpin ou le nuage de Tchernobyl...

Saving Grace (2000)

La comédie du lundi soir, une châtelaine de Cornwall fait pousser du cannabis pour éponger quelques dettes, et finalement elle brûle tout parce que...? fumer c'est mal...?

La classe américaine (1993)

Un des repères de ma jeunesse était en fait farci aux blagues homophobes et sexistes. Las.

Un grand voyage vers la nuit (2019)

Ce diptyque capiteux renvoie dos à dos, avec un détachement surréel, l'éternel et l'éphémère.

Love and Wolbachia (2017)

Organisé sous la forme de portraits successifs, ce documentaire japonais montre que les délimitations entre transidentité féminine, travestissement et mélange des genres, ne sont pas moins fluctuantes et subjectives qu'à l'époque des Funérailles des roses. En plus de témoigner du ressenti intérieur de ses sujets, le film s'intéresse aux dynamiques sociales induites par ces caractères non-normés, dont l'expression af…

L'ange (1982)

Masks, optics, research, craftsmanship. And stairs. Lots of stairs. The right pose shall be more faithful to movement than movement itself. I shall guide, I shall split, I shall reveal.

Glass (2019)

Hélas, Glass tend plus vers le quitte que le double. Acteurs moyennement inspirés, scénario boîteux et soliloquant, image plate, décors inexistants... D'ailleurs, il faut du culot pour critiquer à demi-mots Marvel, et en même temps filmer un climax sur un parking ! Le sous-texte n'émerge qu'à la dernière demi-heure, et même si son idéalisme fait chaud au cœur, il s'agit peu ou prou d'une redite de La jeune fille de …

Detox or Die (2004)

David Graham Scott, cinéaste, raconte son rapport à l'héroïne et la méthadone, et son ultime recours à l'ibogaïne pour se débarrasser de son addiction. La première moitié du documentaire montre brièvement le quotidien de quelques junkies à Glasgow, entre petites combines et injections tristes. Le ton naturaliste et l'authenticité du témoignage font mentir le titre tapageur (et ridiculisent aussi nombre de dramatisat…

Un berger et deux perchés à l'Élysée ? (2019)

J'écrivais : [...] le fossé qui sépare, en termes d'encensement public, Les nouveaux chiens de garde et Fin de concession (ou Hollande, DSK, etc.), n'a rien d'un mystère. Qu'il soit trop punk, trop amer ou trop fauché, Pierre Carles ne verse pas dans les animations divertissantes et l'humour travaillé. Plus équilibré, son travail passe paradoxalement pour plus militant et plus confidentiel, parce qu'il se soucie …

Fort Bronx (1980)

Avec ses courses-poursuites increvables et son regard acide sur la ville, Night of the Juggler rappelle autant William Friedkin que Michael Mann. Rejeté aux bas-côtés de la cinéphilie contemporaine (parce que son metteur en scène ne se qualifie pas comme auteur ?), le film ne manque pourtant pas d'énergie ni de vision.

Ne coupez pas ! (2019)

Plus que le scénario malin, héritier de chassés-croisés narratifs déjà à l'œuvre dans Scream ou The Cabin in the Woods, et plus que la performance d'un plan-séquence aussi étudié que fougueux, c'est l'enthousiasme de l'équipe qui emporte et fait la réussite de cette comédie d'horreur anti-académique —pour peu qu'on embrasse un cinéma évidé de tout mystère.

Le pays où rêvent les fourmis vertes (1984)

Cette fiction, à la mise en scène réservée, s'avère plus ouvertement militante que n'importe quel documentaire de Herzog (on sait cependant son indifférence à définir toute frontière entre les deux registres). Bruce Spence y joue de façon convaincante un homme blanc qui prend la mesure des injustices subies par les aborigènes, en premier lieu desquelles, l'expropriation de leurs territoires ancestraux, entérinée par…

Trafic (1971)

Un faux film sonore, où les dialogues se réduisent à des bruits d'ambiance noyés dans le trafic éponyme. Travail à la chaîne, consommation de masse : la société est abasourdie par sa propre évolution. Le progrès virevolte partout en voiture jaune, il ne tient pas en place, change constamment ses habits, se croit tout permis, s'effondre et se relève pour un rien.

An Elephant Sitting Still (2019)

La conscience est maudite par sa contingence ; d'aucuns trouvèrent la farce trop cruelle.

Bienvenue à Marwen (2019)

Welcome to Marwen has a magical recipe against PTSD! 1. Throw away pills 2. Confront aggressor 3. Stop Being Afraid™ Ugh.

Asako I & II (2019)

L'amour passionnel et l'amour domestique : symbiose ou parasitisme ? Hamaguchi formule le problème avec un scénario à la fois dense et immédiat. Sa mise en scène, oscillant entre naturalisme et impressionnisme, n'est pas moins acrobatique. Et derrière nos visages se révèlent des océans vertigineux.

Le président (2010)

Rejoignez, le temps d'un film, le club des vieux mecs blancs et riches ! Un monde fabuleux où l'on peut prétendre incarner le renouvellement après 40 ans de mandats publics, et où l'autorité prévaut sans complexe sur les idées. Aux abois, les médias cherchent l'homme fort providentiel, et les directeurs de campagne s'empressent de remaquiller le grand Frêche pour le rôle, tout en grimaçant à chaque dérapage qui éven…

La Route sauvage (2018)

Andrew Haigh affirme son talent de metteur en scène sur un scénario plus solide que le précédent 45 ans. Sans grossir le trait, il montre l'impact d'une éducation difficile et des codes masculins sur un adolescent qui n'avait jamais eu à demander de l'aide.

Shirkers (2018)

Entre Jodorowsky's Dune et À la recherche de Vivian Maier.