Shannon Amen (2019)

À notre camarade d'art, de lutte et d'angoisse...

L'étrange couleur des larmes de ton corps (2013)

Cattet et Forzani proposent rien de moins qu'une déconstruction psychologique du giallo, sans rien sacrifier de l'intensité esthétique d'Amer. Avec Philippe Grandrieux, leur langage pulsionnel est un des très rares à me permettre d'approcher le cinéma autrement que par l'analyse sociale. Les images, captivantes, se doublent d'une puissance émancipatrice.

Home (2019)

Superbe travail d'animation, sur l'écriture, le montage sonore, les miniatures minutieuses... Le textile, l'outil, la vaisselle, pour évoquer avec pudeur et émotion les familles disparates qui ont investi ce refuge au gré des expatriations européennes (dont l'oubli est politique).

Annah la javanaise (2020)

La vente d'une gamine innocente, expédiée de Java à Paris. Voix-off, déclamations sur la liberté, misérabilisme, etc. Un twist faiblard pour tenter de cancel Paul Gauguin.

Girl in the Hallway (2019)

La disparition d'une gamine innocente, racontée en voix-off par un voisin qui culpabilise. L'écriture est sensationnaliste, médiocre. L'animation dans la saleté est tout juste curieuse.

Le Loup d'or de Balolé (2019)

Une carrière de granit aux portes de Ouagadougou, au Burkina Faso. L'insurrection de 2014 n'a pas rendu le travail moins pénible. Hommes, femmes et enfants accomplissent des tâches éreintantes et dangereuses, en rêvant d'un futur meilleur. Une coopérative se forme, qui tente de s'émanciper des intermédiaires occupés à rabattre les clients (de riches propriétaires locaux). Mais le projet peine à décoller. L'éducation…

The Age of Shadows (2018)

Un film d'espionnage sans autre substance politique qu'un patriotisme gras, filmé dans un laque et or de fantasme bourgeois, avec une femme fridged en bonus. Zzzz...

Tales from the Gimli Hospital (1988)

Un proto-The Forbidden Room, sympathique. Avec une blackface qui fait tâche.

Vergot (2016)

Alex, la vingtaine, découvre son homosexualité. Son père, fidèle à la masculinité rurale, le rejette, tandis que son frère aîné tente de le soutenir. Il y a un conflit, de l'émotion, de la matière à film évidente... peut-être même trop facile. La jeune réalisatrice ne filme que les moments d'exubérance, avec des gestes esthétiques manifestes (même si assez faibles), et le documentaire ressemble souvent à une fiction…

My Marlboro City (2010)

Sur le talon de la botte italienne, le regard vers l'autre rive de l'Adriatique : Brindisi, ancienne plaque tournante du trafic de cigarettes, s'est lentement effondrée au tournant des années 90. La documentariste revient dans sa ville d'enfance, « qu'il faut avoir vécue soi-même, pour l'aimer tout aussi fort qu'on voudrait la quitter ». Quatre portraits, sur un mode choral, des survivants d'un marché qui s'est évan…

Bègue (2019)

Les déboires psycho-sociaux d'un jeune homme, on l'aura deviné, bègue. Le documentaire est moins archive qu'outil thérapeutique : il fournit une excuse pour se mettre en scène dans des situations qui provoquent le lien social et la communication (réciter de la poésie dans le métro, installer une table dans la rue pour faire du micro-trottoir, etc.) Cet affrontement forcé avec l'autre, ou plutôt, avec la peur de l'au…

Pôle Emploi, ne quittez pas ! (2014)

La documentariste Nora Philippe nous laisse découvrir, avec un montage sec et sans voix off, les processus déployés dans le pénible démantèlement d'un service public. Surcharge des employé·e·s, instauration d'indicateurs de performance, déconnexion de la hiérarchie, normalisation des contrats précaires... La formule a fait ses preuves. Las.

New York City Inferno (1978)

Un porno gay, dont la réputation expérimentale s'avère essentiellement due au choix de Jacques Audiard de faire figurer le film au programme de l'Étrange Festival 2014. L'élévation culturelle par cooptation arbitraire...

Mémoires du XXe siècle, Pierre Schaeffer (1991)

Une interview approfondie mais (fatalement ?) décousue sur un ingénieur polymorphe, tour à tour pionnier de la radio d'après-guerre, créateur électroacoustique, mystique oriental, directeur de recherche publique, et vieux monsieur facétieux...

My Blueberry Nights (2007)

Il faut une certaine tolérance au sucre pour trouver la saveur du fruit.

Akaboum (2019)

L'éternelle question : comment filmer la jeunesse des banlieues parisiennes ? Avec ce court docu romanesque, Manon Vila apporte quelques éléments supplémentaires. Elle rappelle les Mercuriales de Virgil Vernier, mais en nettement plus nerveux et plus poétique.

La Cupola (2016)

Ce petit tour dans la maison délabrée du couple Vitti–Antonioni ne vaut malheureusement guère plus qu'un épisode glorifié de Du côté de chez vous. Merci Leroy Merlin.

La vengeance est à moi (1979)

Je m'attendais à voir Imamura virer vers la chronique criminelle, mais que nenni : c'est toujours le scénariste et metteur en scène de La femme insecte qui est aux commandes. Et c'est ici la cavale d'un meurtrier qui lui permet de parler des passions contradictoires, pudiques mais démentes, que les conventions sociales nous invitent à nier.

Edvard Munch (1974)

Commandée par la télévision scandinave, cette longue fresque biographique retrace les déboires artistiques et émotionnels du désormais célèbre peintre norvégien, de sa naissance en 1863 jusqu'à la reconnaissance critique au tournant du siècle. Quelques morceaux d'analyse esthétique sont aussi proposés, sans faire dérailler l'aspect personnel du portrait. Bien que le choix de cette période occulte la maturité plus…

En attendant les hommes (2007)

Le documentaire expose une contradiction, sans chercher à la résoudre complètement : comment s'affirmer en tant qu'individu et en tant que femme dans une société qui prétend asservir le genre aux souhaits des hommes. La question, évidemment, dépasse le contexte du désert mauritanien, mais ce cadre exotique permet de restaurer sa portée universelle.