Le Tango de Satan

Sátántangó

un film de Béla Tarr (1994)

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Paradoxalement, c'est dans une durée gargantuesque que Sátántangó trouve son caractère irréductible. Le plus noir et blanc des cocons offre de nous engloutir dans la prière et l'adoration païennes d'une poignée de prolos désolés, bacilles conscientes perdues au centre d'une plaine infinie. À charge d'Irimiás, prophète misérable et miraculeux, de secouer les grilles de la cage fangeuse dans laquelle cette cohorte pathétique s'est laissée enfermer.

Pessimisme, vous dites ? Un tango est-il pessimiste ? N'est-ce pas la crainte de la séparation qui maintient chaque seconde dans une fougue nouée ? N'est-ce pas l'entrelacement de la souffrance et de l'envie qui suscite nos espoirs ? Qui fonde notre dignité ?