Jeremiah Johnson (1972)

Into the Wild unrated pour un Robert Redford brut (mais parfaitement coiffé, faut pas déconner non plus). Plus solitaire que jamais, il tente d'échapper aux emmerdes de la civilisation en partant pour un camping prolongé dans les Rocheuses. Rencontre après rencontre, il itinère au sein d'extérieurs à tomber par terre, forêt enneigée ou rêche aridité, en veux-tu en voilà. Point d'orgue au milieu du film, il monte sa …

T'aime (2000)

Ouah je comprends pas cette quantité écrasante de notes impitoyables. Patrick Sébastien, je me moque de lui pas moins que n'importe qui, mais tout n'est pas à jeter dans son seul et unique film, et je dirais même qu'il y a plus à garder qu'à jeter. Ce qui prime d'emblée, c'est la sincérité du projet, dans le jeu des acteurs, dans le personnage no-bullshit de Patrick, dans le premier degré absolu du scénario. Que ce …

Cobain: Montage of Heck (2015)

Je pensais que ce Montage of Heck serait garant d'un minimum d'expérimentation cinématographique. Et je croyais que ce Kurt Cobain allait enfin me faire comprendre ce que le martyr blondinet avait de génial, n'ayant jamais cerné pourquoi les foules se pâmaient devant ses gémissements dépressifs. Je confesse pourtant, avec un sourire en coin attendri et condescendant envers mon adolescence tendrement acnéique, une ph…

Herakles (1962)

La légende veut que Werner Herzog, quelque part vers la fin de son adolescence, ait fait acquisition de sa première caméra 35mm en piochant dans les réserves de l'École du film de Munich. Sans autorisation de prêt. Et sans jamais y avoir étudié le cinéma, en fait. « À mes yeux, ce n'était pas du vol. C'était une nécessité. J'avais un genre de droit naturel à posséder une caméra, un outil pour travailler. » Il racont…

Star Wars: Épisode VII - Le réveil de la Force (2015)

Le meilleur depuis la trilogie originale Le meilleur depuis la reprise de la franchise par Disney Kevin Feige : "À quand un cross-over ?" La meilleure 3D depuis 007 Spectre (oh wait) Et le meilleur rôle de Daniel Craig depuis Skyfall Bill Weasley dans le rôle de Hitler Lupita Nyong'o dans le rôle de Andy Serkis Le First Order dans le rôle de l'Empire La République ? lol Kylo pas content, K…

From What Is Before (2014)

5h38 de cinéma philippin. Et pourtant ce n'est pas la durée qui m'a gêné. Déjà... Lav Diaz serait-il sourd ? La prise de son est un désastre de proportions bibliques (en tout cas j'ai jamais entendu pire), c'est pas du tout égalisé entre les scènes. Et même souvent à l'intérieur d'une même séquence, il y a un seuillage dynamique (ou alors c'est comme ça que j'appellerais la chose si je l'avais inventée) qui fait …

007 Spectre (2015)

Je vais sauter quelques paragraphes déjà écrits ailleurs et passer directement à la scène de torture. Pourquoi la menace de ces perceuses de poche lobotomisantes se dégonfle-t-elle totalement une fois mise à exécution ? Ce qui aurait pu être un traumatisme pour Bond et les spectateurs prend des allures de pétard noyé dès que 007 saute de sa chaise et emballe Léa Seydoux. La minute clinquante qui suit confirme l'inco…

Le fils de Saul (2015)

8+, Cannes s'est planté sur la Palme mais pas sur le Grand Prix. En gros c'est Schindler sans mièvrerie et tourné avec l'intensité de Gravity. Pas grand-chose à voir avec une leçon d'histoire utile (que les détracteurs du film s'efforcent en vain de chercher), c'est plutôt un cauchemar claustro baigné dans l'horreur et la mort au-delà du tolérable. Pour proposer un autre parallèle foireux : ça s'appuie sur l'Holo…

Coups de feu dans la Sierra (1962)

Un western de bonne facture, qui se révèle plus malin que ses débuts ne le laissaient présager, mais ne surprend pas beaucoup pour autant (pour un public de 2015, en tout cas). Je ne m'explique pas pourquoi Peckinpah était déjà obsédé par la mélancolie de la vieillesse à 35 ans, mais il a malheureusement moins l'air de s'exprimer que de rapporter. Une poignée d'années plus tard, The Wild Bunch s'avérera plus authent…

Le port de la drogue (1953)

Fuller a l'oeil pour filmer l'action, mais l'intrigue de ce film noir est morose, et l'ensemble est assez anémique. Je ne m'explique pas non plus le choix de cet anti-héros désagréable et imbu de lui-même, avec en plus la nana qui lui tombe dans les bras dès leur première scène ensemble. Les personnages n'ont presque aucune sympathie les uns envers les autres, et Fuller envers eux c'est pas beaucoup mieux, c'est don…

[Rec] (2007)

De l'horreur tout à fait respectable. La bonne idée de mettre quelque chose devant la shaky cam, qui rend le film plus intéressant et efficace que Blair Witch Project -il aura fallu quand même fallu 8 ans pour des espagnols concrétisent l'idée ! Son plus gros tort est d'avoir déteint sur une grosse part du cinéma d'horreur depuis 8 autres années, mais ce n'est pas comme si c'était directement de sa faute...

Au hasard Balthazar (1966)

Classique mon cul. Je suis sorti au bout d'une heure, après des miracles d'abnégation. Tout le monde fait la gueule, tout le monde joue plus faux que dans n'importe quel film de la Nouvelle Vague, tous les persos sont des salauds doublés d'abrutis, et Bresson n'accorde sa bénédiction mégalomaniaque qu'à un âne. Quel imbécile. Ca se veut ultra authentique, mais c'est encore plus téléphoné et grotesquement misanthr…

Safe (2012)

Le titre était un peu mensonger quand même, c'était pas forcément le genre de film que je voulais me lancer la nuit dernière, mais bon. Il y a pas mal des réussites et des travers des deux autres Haynes que j'ai vus, Far From Heaven et Carol. Chaque plan est un tableau en profondeur, avec une attention affolante portée au cadre, aux lumières, aux accessoires et à leur disposition. C'est vraiment splendide. A côte…

Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (1974)

Une bizarrerie qui trouve assez précisément sa place entre Straw Dogs et les westerns amers de Peckinpah, où les fusillades ne font que masquer une violence psychologique plus dérangeante encore. C'était aussi l'occasion de voir à quel point la culture de la violence comique portée par Tarantino a investi l'esprit du public actuel. Chaque fusillade ou presque était accompagnée de son lot de rires étouffés dans la…

Et... ta mère aussi! (2001)

Le penchant de Cuaron pour les plan-séquences ne date pas d'hier, en fait. Le film aurait pu se contenter d'être un peu charmant et inoffensif, mais on y multiplie les références sociales au Mexique sans aucun rapport avec le road trip des deux chauds lapins et de leur compagne (ou alors il y a une métaphore foireuse qui m'a complètement échappé). Et puis il y a aussi la voix off la plus contre-productive du mond…

La 25ème heure (2002)

Un presque-choral sympatoche avec une mise en scène globalement séduisante. Par contre on m'avait toujours parlé de Spike Lee comme d'un réalisateur engagé, et je suis un peu déçu de ne pas comprendre ce qu'il a cherché à accomplir avec ce film. Alors oui, ça parle en filigrane de 9/11 et d'un pays tourmenté par ses torts, mais 25th Hour ferait mieux de proposer comment aller de l'avant, plutôt que d'insister sur le…

Profonds désirs des dieux (1968)

Impressionnant. Je me lance au hasard un film japonais de 3h tourné il y a 50 ans, et le truc m'emporte lentement mais sûrement, pour conclure avec un final dévastateur. Pas mal. C'est un peu tout à la fois, drame, farce, documentaire, fable, étude sociologique, un capharnaüm de genres qui préfigure bien une part du ciné japonais actuel. Mais le scénario repose bel et bien sur des bases solides, traitant des myth…

Une histoire d'amour suédoise (1970)

Sorti en 1970, premier film de Roy Andersson qui était réapparu cette année avec "Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence". En gros l'accent est mis sur l'insouciance et les secondes chances dont bénéficient presque miraculeusement la jeunesse par rapport à leurs familles. Le couple d'ados et leur histoire naissante est mis en scène avec une douceur et une émotion qui m'ont rappelé les meill…

Tamara Drewe (2010)

Punaise, pendant 5 ans depuis la sortie du film je m'attendais à tomber sur une étude de personnage, alors qu'en fait c'est une comédie dramatique qui se révèle de plus en plus vaine au fil de ses deux heures. Tamara n'a même pas de rôle prépondérant, le film aurait pu porter le nom de n'importe quel autre perso... Ca commençait de façon sympathique, relativement innocente, et puis pour tromper l'ennui, le scénar…

Macadam à deux voies (1971)

Gros bof : un road movie content de se perdre, de refuser d'aller où que ce soit, de flouter le départ comme l'arrivée, c'est pas mal original pour 1971, mais ça n'en reste pas moins un exercice formel ni éclairant ni divertissant. Les personnages ne sont que des pantins désenchantés dont on connaît tout après les avoir vus trente seconde chacun. C'est un peu comme si le réalisateur soupirait "je suis blasé" pendant…