JCVD

un film de Mabrouk El Mechri (2008)

Je pensais qu'il y aurait beaucoup de aware-talk, mais en fait très très peu.

Comme toutes les stars de films d'action, JCVD est l'otage figuré de l'image qu'il projette et, en gros, de sa propre carrière. Du coup il y a un petit malin qui lui a écrit un scénar où il était otage littéral d'un braquage, en plus d'être otage de sa vie : ses films, ses fans, ses racines, ses divorces, ses parents... L'idée est sympa mais ne résiste pas à la durée d'un long-métrage : le réalisateur s'englue dans la prise d'otage au premier degré, et laisse presque tout le temps l'impression de réaliser un énième action flick DTV (avec en plus une photo grisâtre pénible et quelques effets de montages image/son vaseux, ralenti, silence, etc.)

Je dirais qu'il y a trois scènes qui parlent précisément et sincèrement de Van Damme, de la façon dont il vit sa célébrité et de ce qu'il cherche, d'une manière qui n'était pas sans me rappeler I'm Not There sur Bob Dylan, vu juste hier. Parmi ces scènes, un monologue de six minutes, un peu bancal et maladroit, mais au final assez touchant (https://www.youtube.com/watch?v=_qhqX9Qd4CY). Van Damme voulait montrer qu'il était conscient de lui-même, aware le mec, et ce passage suffit largement. Le reste du film est presque toujours de trop.