Nemesis (2010)

On croit lire, avec un style trop fluide pour proposer la moindre aspérité esthétique, et une ironie trop distante pour être distrayante, la genèse lourde et hébétée d'une Amérique imbue d'elle-même, tellement convaincue par la fiction de sa gloire qu'elle ne parvient plus à aborder le présent autrement que dans le dégoût, la honte et la colère.

Autiste ? Pour nous, l'essentiel est invisible (2012)

À côté du discours lénifiant des superstars du SA, ce témoignage sans prétention d'une maman qui se bat pour élever son enfant sonne finalement très juste.

Comprendre les règles tacites des relations sociales (2005)

J'ai trouvé ce livre mauvais pour deux raisons, assez proches des débuts de réserves que j'avais exprimées sur le livre de Tony Attwood dans la même collection. D'une part, le texte se ressent comme un enchaînement de quinze débats TED Talk™ pas du tout édités, farci de redondances, d'historiettes et de connivence artificielle (à l'américaine) qui noient complètement le poisson. Et je ne mentionne même pas la tra…

Joker (2019)

Puissant et dangereux. L'adaptation se moque de la mythologie Batman : tant mieux.

La Différence invisible (2016)

Une BD pédagogique sur le SA, juste, sympa.

The Forest of Love (2019)

Tant d'excitation pour rien. Ugh.

Bacurau (2019)

Comme si Peckinpah avait cherché à adapter Gabriel García Márquez, avec quelques pincées d'anticipation. L'hybridation est originale, mais ne convainc qu'à moitié.

Le Syndrome d'Asperger : Guide complet (2006)

Le livre s'adresse pêle-mêle aux parents d'enfants SA, au corps enseignant, au grand public, aux psychologues, aux psychothérapeutes, et un peu aux personnes SA. En voulant tout faire à la fois, il perd en crédibilité. Sans compter le validisme latent (et la transphobie plus discrète). J'aimerais un monde où les personnes SA sont respectées pour ce qu'elles sont, pas pour leur capacité à se fondre parmi les neurotyp…

Atlantique (2019)

J'attendais un film du Sénégal, mais c'est juste un film français tourné au Sénégal, avec des bouts de Weerasethakul pour faire bon ton. Le mélodrame est plat, et l'accompagnement musical ne colle pas. Franchement décevant.

Ne croyez surtout pas que je hurle (2019)

Un alsacien circonstanciel sublime sa dépression en film, avec un montage-collage cinévore qui passerait pour suranné s'il n'évoquait pas l'iconographie instantanée, l'éclectisme erratique et l'immobilisme furieux d'un twittos anarcho-communiste.

Portrait de la jeune fille en feu (2019)

L'amour fait film, et au féminin je veux.

Ad Astra (2019)

James Gray adapte le monomythe avec une rigueur qui touche parfois à l'autodérision. À mi-chemin entre les méandres de High Life et les tribulations d'Interstellar, son scénario aborde la dépression avec un objectif maximaliste, et conclut radicalement (quoique dans un vide abstrait) en faveur de la vie.

Jeanne (2019)

J'ai cru que j'en penserais autre chose que Jeannette, et j'avais tort.

Gens de Dublin – Quatre nouvelles (1914)

Triste édition qui réunit uniquement quatre des quinze nouvelles de Joyce. J'y ai découvert une voix singulière, naturaliste avec un filtre romantique. Mais je reste quand même sur ma faim d'ambition, de démesure et d'innovation.

Le Bruit et la Fureur (1929)

La confusion des deux premières parties, plongées dans les flux de conscience, élargit le champ des possibilités narratives sans forcément enrichir l'histoire... Ce Parnasse dérégulé fascine autant qu'il épuise. En même temps, peut-être que la réponse au puzzle des Compson n'est pas à chercher dans l'emmêlement de leur ruine familiale, mais dans les gouffres qui séparent leurs mondes intérieurs respectifs. Peut-être…

Ils ne sont pour rien dans mes larmes (2012)

Choisi par hasard en bibliothèque, le livre était écrit avec les pieds.

Fantasia (1940)

Quand on a du mal à mettre soi-même des images sur la musique, c'est plutôt enchanteur.

Evil Dead 2 (1987)

La bêtise de ce film est si accomplie et en même temps si innocente, tout comme la cinématographie est à la fois recherchée et vulgaire. Le résultat est donc (?) drôle.

Roubaix, une lumière (2019)

Sur tous les plans, c'est le grand écart entre polar et naturalisme. Le chef de police est une figure paternelle omnipotente et rassurante, mais on le voit aussi déléguer les missions, distribuer les dossiers, nourrir ses chats. Son jeune lieutenant est à la source d'une voix-off emblématique des films noirs, mais ses confessions révèlent une candeur et une foi désarmantes d'authenticité. Les effets de style photogr…

Les Gouffres (2014)

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