Les démons à ma porte (2000)

Une comédie noire menée tambour battant, cruellement recadrée par l'Histoire. La frontière c'est le langage, l'ennemi c'est l'inconnu, la colère c'est la peur.

Kairo (2012)

Environmental storytelling with a disagreeable environment, a dull story, and obfuscated telling. No bulky bombastic architecture nor grainy colors could save it. Useless collectibles made it even more tedious. The coffee-drinking dinosaur serving as a secret ending is rather telling about the arbitrariness of it all. Really unfortunate.

Les ânes ont soif (2015)

Les ânes ont soif, premier volet du diptyque Opération Correa consacré au président de l'Équateur de 2007 à 2017, ne déroge pas à la formule critique que Pierre Carles privilégie depuis Pas vu, pas pris : nous n'y reviendrons pas. Tout juste pourrait-on noter une certaine mauvaise foi quant à la dénonciation d'une prétendue censure française du projet de l'administration Correa, ancré à gauche, alors que les sujets …

Au poste (2018)

Dupieux s'amuse des conventions narratives ; rôdé à l'exercice, il évite avec fluidité les occasionnelles lourdeurs de ses précédents films. La comédie est moderne et tranquille.

L'île aux chiens (2018)

Vient un moment où l'excellence de l'animation ne peut plus excuser le sexisme silencieux, le recours au white savior, les parallèles oisifs avec la Shoah, et plus généralement, l'indolence suprême du scénario.

Derniers jours à Shibati (2018)

Ce n'est pas seulement le sujet qui interpelle, mais aussi l'immédiateté avec laquelle il est saisi. La distance émotionnelle entre le public et le film est d'autant plus réduite que le documentariste erre presque seul, avec un équipement minimal et sans programme esthétique ; quant aux personnes rencontrées (« interrogées » serait encore trop intentionnel), elles n'incarnent pas une expertise, une profession, ou mê…

In Fabric (2019)

Évoquant l'idée de fétichisme sans l'approfondir, peinant à abreuver son esthétique sur la durée, Peter Strickland retourne bizarrement au statut de réalisateur « prometteur ».

Roma (2018)

With lavish photography and luscious sound design, Cuarón's nostalgia-infused rendition of '70s Mexico City also feels self-indulgent. His story focuses on the maid of an upper middle class family, but the starry-eyed resilience on display hides a more somber social naivete: apart from the grossly sexist pregnancy arc, the character barely exists outside of her dedication to her job. Seeing as the film moves from he…

Pose (2018)

Le déroulé de chaque épisode est cousu de fil blanc, mais qu'importe : voilà des femmes trans écrites et interprétées pour ce qu'elles sont, et non pour flatter des cis en mal de sensations (cf. Girl et tant d'autres films). C'est émouvant et libérateur.

Une affaire de famille (2018)

Une nouvelle variation sur l'idée d'un cocon familial qui supplante les liens du sang.

Célébration (2018)

On comprend sans mal que Pierre Bergé se soit longtemps opposé à la diffusion de ce documentaire crépusculaire : il a sacrifié un homme pour construire un mythe.

Les Portes de la perception (1954)

Aldous Huxley décrit avec équilibre et minutie l'impression extatique d'unité exhaustive, d'émancipation du jugement, suscitée par une prise de mescaline. Le second essai, Heaven and Hell, réunit des considérations esthétiques sur les visions associées : couleurs surnaturelles, lacis géométriques, infinis téléscopique et macroscopique, etc.

High Life (2018)

Vu et apprécié.

Phenomena (1985)

Argento ressasse une formule qui ne l'excite plus trop (et comment lui en vouloir).

Missing - Porté disparu (1982)

Un thriller politique prenant, même si de forme plus convenue que Z.

Sophia Antipolis (2018)

Le soleil embrase Sophia. Captifs d'un lieu sans passé, témoins de son échec humaniste, les sujets de Virgil Vernier vivotent dans l'aliénation ambiante, retournent le vide contre eux-mêmes. Dans la torpeur de l'avant-verdict, entre l'air et le feu, les esprits bouillonnent.

Suspiria (2018)

Quoique les chorégraphies développées nourrissent une esthétique de sorcellerie tortueuse et intrigante, le montage multiforme qui les reflète est forcé et balourd. L'insistance du scénario à vouloir inscrire son intrigue (vaguement) féministe dans un contexte historique hagard, à la longue, n'est pas moins pesante. Refaire Suspiria sans ses atours de giallo saturé, pourquoi pas ; mais prétendre qu'il s'agit de b…

Les nouveaux chiens de garde (2012)

Adapté de l'essai éponyme de Serge Halimi, ce pamphlet cinématographique dénonce avec vigueur une certaine frange médiatique qui sert les intérêts du grand capital. Avec vigueur, mais aussi avec maladresse : à vouloir combattre sur tous les fronts de la critique des médias, à vouloir exhiber le plus d'ennemis possible, le documentaire oublie de se structurer, s'enlise dans du name-dropping redondant. Pour qui connaî…

Counters (2017)

Une mise en scène pop et des antagonistes charismatiques, pour présenter les mouvements xénophobes japonais ainsi que les activistes qui les enrayent. Les muscles politiques.

Ecology in Concrete (2017)

Le film, intéressé par l'urbanisme de la capitale sud-coréenne, manque cruellement de clarté et d'intention. Il aurait pu se rattraper avec la photographie d'architecture, mais celle-ci aussi reste très inégale. Dommage.