La haine (1995)

J'aime : _Cassel qui parle avec "un mélange entre Moïse et Bernard Tapie" _Vincent Lindon avec une belle moustache et complètement torché _Kassovitz qui se met devant la caméra pour être jeté dans des cartons et tabassé _le russe random et son histoire scato _Rachid Djaïdani (Rengaine, 2012) dans les remerciements ; il était agent de sécurité Je comprends pas bien ceux qui reprochent à ce film de r…

Miracle en Alabama (1962)

L'époque où on avait pas besoin de commencer son film par "inspiré d'une histoire vraie" Si ce film d'Arthur Penn avait été réédité récemment, Whiplash en aurait sans doute rougi. Une jeune diplômée est rameutée au fin fond de l'Alabama pour civiliser une gamine aveugle et sourde, et avec d'autres problèmes de comportement encore. Sur le papier, ça ressemble à de la surenchère, mais les deux actrices principales …

We Need to Talk About Kevin (2011)

Ezra Miller en double maléfique parfait de Tilda Swinton. Et en plus il se balade en t-shirts S. Que demande le peuple. Mon seul regret est que le film, vers sa fin, cherche un peu trop fort à nous exposer des faits qu'on avait compris une heure plus tôt. Avant ça, culpabilité, amour maternel, martyr (Pascal Laugier si tu nous entends), Lynne Ramsay explore ses thèmes de façon incisive et assurée, avec une puissa…

Mon maître d'école (2015)

Une ancienne élève revient dans un patelin paumé du Gard pour filmer la dernière année d'enseignement de son ancien maître d'école. C'est très gênant de noter un docu pareil. C'est un peu comme un inconnu qui te raconte des anecdotes de son enfance. Ou bien un couple qui raconte l'un l'autre des histoires de leur rencontre qui n'auraient rien d'exceptionnel. C'est plein de bonnes intentions, de sincérité, de beau…

La traversée du temps (2006)

Euh. Je sais pas trop quoi dire, l'histoire et les ressorts sont assez classiques et pas terribles. J'ai pas l'impression d'avoir vu le même film que mes éclaireurs. Sur certains points le film est content de montrer qu'il a réfléchi a pourquoi qui fait quoi et où, mais du coup ça me fait tiquer sur pas mal d'incohérences et de facilités (spoilers : ...du voyage dans le temps pour voir un tableau ? un tas des com…

JCVD (2008)

Je pensais qu'il y aurait beaucoup de aware-talk, mais en fait très très peu. Comme toutes les stars de films d'action, JCVD est l'otage figuré de l'image qu'il projette et, en gros, de sa propre carrière. Du coup il y a un petit malin qui lui a écrit un scénar où il était otage littéral d'un braquage, en plus d'être otage de sa vie : ses films, ses fans, ses racines, ses divorces, ses parents... L'idée est sympa…

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (1989)

Un délire baroque qui mélange l'horreur et l'amour, la finesse et la vulgarité, l'exquis et le dégueulasse avec la même extravagance que les meilleurs épisodes de Hannibal. Décors opulents et vaniteux, acteurs grotesques et passionnés, costumes signés Jean-Paul Gaultier que l'on barbouille de cuisine française : un film d'extrêmes qui flatte et agresse les sens en même temps. Peut-être ma plus grosse surprise depuis…

Sang pour sang (1984)

Une farce morbide qui correspond bien à l'idée qu'on peut se faire du début de carrière des Coen. Je préfère quand leurs personnages sont des weirdos plus assumés que la brochette de paumés de ce Blood Simple, mais en même temps c'est sympa de voir une formule un peu différente de Fargo, Burn After Reading, etc. J'aurais aussi tendance à dire que l'accompagnement musical est plus remarquable que pour le reste de leu…

On the Bowery (1956)

Premier docu-fiction de Rogosin, trois ans avant Come Back Africa. Tout se passe dans une rue miséreuse de New York ; ici, ce n'est pas l'apartheid qui engendre le délitement social, mais plutôt l'alcool. Moins scripté et artificiel que CBA, mais c'est pas encore tout à fait ça. Comme d'hab je reste sur ma faim quand on me montre de la misère sans chercher à plus la comprendre ni la résoudre ; peut-être que c'était …

Vanya, 42e rue (1994)

Fini en avance rapide... Pour son dernier film, Louis Malle a filmé une troupe de théâtre jouant Oncle Vania de Tchekhov. Ca se passe dans un théâtre abandonné sans décors ni costumes particuliers, mais à l'exception de trois ou quatre minutes cumulées sur tout le film durant lesquelles les acteurs sont au naturel, c'est purement et simplement du théâtre filmé, et qui aurait pu être filmé n'importe où, n'importe …

Bienvenue à Zombieland (2009)

Le film oublie rapidement d'écrire ses blagues, il reste donc : des têtes de zombies qui explosent et des props détruits pour le fun (ça m'excite moyen), et une intrigue de groupe pépère (vu que le public visé est jeune et geek et pas très dégourdi, on les flatte en faisant tomber Emma Stone dans les bras du loser Eisenberg, subtil subtil). L'apparition de Murray est triste d'ennui, mais le quatuor est quand même bi…

Inland (2008)

J'ai trouvé un Godard algérien, lol Toute l'équipe technique est au taquet, le cadrage est affûté, les lumières sont variées et maîtrisées, la bande son surprenante fait plaisir (le film ouvre avec un morceau de Fennesz, quand même), etc. Mais Inland souffre de la faille auteuriste par excellence : le réalisateur croit qu'il suffit de penser quelque chose derrière une caméra pour que le public le comprenne devant…

Maris et femmes (1992)

Moyennement convaincu par la fusion documentaire/caméra à l'épaule. Woody Allen fait le tour de ses obsessions avec moins d'humour que d'habitude, pour finir par avouer qu'il n'a guère plus de réponses qu'au point de départ. Au moins le film a conscience de ses limites. Ca rejoint tout à fait les quelques minutes où Juliette Lewis se livre à une critique du cinéma d'Allen à l'arrière d'un taxi : alertes et introspec…

Do the Right Thing (1989)

Hum. Sous des airs de clip MTV survitaminé, Spike Lee s'échine à brosser le tableau d'une communauté black pas mal nuancé, jusqu'au dernier quart d'heure, et là ça me gêne parce qu'il conclut sur un aval de la violence face aux tensions raciales, ni subtil ni honnête par rapport à ce qui précédait. C'est un peu comme terminer un essai éclairé et assez fun par "tout ça c'est bien beau, mais en vrai voilà ce que je pe…

I'm Not There. (2007)

Sur le papier, filmer six facettes de la vie de Bob Dylan, c'est excitant. A l'écran, c'est un challenge pour le spectateur qui doit jongler avec les storylines sans que Todd Haynes se préoccupe forcément d'équilibrer le montage. Avec les différents styles de mise en scène qui s'alternent aussi, on frôle parfois l'indigestion. Bref, l'exercice est amusant et instructif pour qui ne connaît rien à Bob Dylan, mais il n…

La ballade de Narayama (1983)

Cannes 1983 : Palme d'Or : Narayama Bushiko Grand Prix : Monty Python's The Meaning of Life C'te schizophrénie... Comme pour Profond Désir des dieux, il faut s'accrocher pour que le film commence à livrer ses clés. La première heure est vraiment laborieuse ; on finit par comprendre qu'Imamura n'a aucune ambition naturaliste (un faux-sens répandu), mais cherche à conter une époque primitive, une construct…

White Material (2009)

Encore un marqueur des obsessions post-colonialistes de Claire Denis. Miroir de 35 Rhums, ce n'est pas l'intégration d'immigrés en métropole qui est discutée ici, mais la vie d'Isabelle Huppert en contrée africaine. White Material tente de marier un drame familial au sein d'une exploitation de café avec un contexte houleux de guerre civile. Mais comme à son habitude, le récit de Claire Denis est elliptique et inutil…

L'incroyable destin de Harold Crick (2006)

Excusez-moi mais qu'est-ce que c'est que ce meta-bullshit mielleux et rempli de clichés ? Le scénariste a une seule idée, faire coexister une auteure et son personnage dans le même monde physique. Ensuite toutes ces histoires de comédie versus tragédie, comme quoi il faut tuer son personnage pour faire un bon livre, accepter sa propre mort, s'émanciper pour vivre sa vie, acheter une guitare électrique et sauter la b…

Saving Christmas (2014)

Razzie Award 2015 dans le fond pendant que je faisais autre chose, noté par un seul autre sens-critiqueur (1/10 en plus), je devrais frustrer personne sur le coup, haha. C'est une ex-star de sitcom tourné évangéliste (dans la vraie vie) qui revient devant la caméra pour expliquer que le Père Noël, les cadeaux, le sapin, le jambon et le chocolat chaud, tout ça n'a rien à voir avec du matérialisme, non mon bon mons…

Hitcher (1986)

Rutger Hauer livre une interprétation mémorable de psychopathe maléfique dans le premier film de Robert Harmon. Court mais riche en rebondissements, le scénario s'amuse aux dépends d'un jeune conducteur perdu dans les vastes étendues désertiques du Texas (décidément, je n'irai jamais passer mes vacances là-bas). Harmon marie l'action et l'horreur sans jamais céder à la surenchère. Avec la musique en plus, douce et o…