Un berger et deux perchés à l'Élysée ? (2019)

J'écrivais : [...] le fossé qui sépare, en termes d'encensement public, Les nouveaux chiens de garde et Fin de concession (ou Hollande, DSK, etc.), n'a rien d'un mystère. Qu'il soit trop punk, trop amer ou trop fauché, Pierre Carles ne verse pas dans les animations divertissantes et l'humour travaillé. Plus équilibré, son travail passe paradoxalement pour plus militant et plus confidentiel, parce qu'il se soucie …

Fort Bronx (1980)

Avec ses courses-poursuites increvables et son regard acide sur la ville, Night of the Juggler rappelle autant William Friedkin que Michael Mann. Rejeté aux bas-côtés de la cinéphilie contemporaine (parce que son metteur en scène ne se qualifie pas comme auteur ?), le film ne manque pourtant pas d'énergie ni de vision.

Ne coupez pas ! (2019)

Plus que le scénario malin, héritier de chassés-croisés narratifs déjà à l'œuvre dans Scream ou The Cabin in the Woods, et plus que la performance d'un plan-séquence aussi étudié que fougueux, c'est l'enthousiasme de l'équipe qui emporte et fait la réussite de cette comédie d'horreur anti-académique —pour peu qu'on embrasse un cinéma évidé de tout mystère.

Le pays où rêvent les fourmis vertes (1984)

Cette fiction, à la mise en scène réservée, s'avère plus ouvertement militante que n'importe quel documentaire de Herzog (on sait cependant son indifférence à définir toute frontière entre les deux registres). Bruce Spence y joue de façon convaincante un homme blanc qui prend la mesure des injustices subies par les aborigènes, en premier lieu desquelles, l'expropriation de leurs territoires ancestraux, entérinée par…

Trafic (1971)

Un faux film sonore, où les dialogues se réduisent à des bruits d'ambiance noyés dans le trafic éponyme. Travail à la chaîne, consommation de masse : la société est abasourdie par sa propre évolution. Le progrès virevolte partout en voiture jaune, il ne tient pas en place, change constamment ses habits, se croit tout permis, s'effondre et se relève pour un rien.

An Elephant Sitting Still (2019)

La conscience est maudite par sa contingence ; d'aucuns trouvèrent la farce trop cruelle.

Bienvenue à Marwen (2019)

Welcome to Marwen has a magical recipe against PTSD! 1. Throw away pills 2. Confront aggressor 3. Stop Being Afraid™ Ugh.

Asako I & II (2019)

L'amour passionnel et l'amour domestique : symbiose ou parasitisme ? Hamaguchi formule le problème avec un scénario à la fois dense et immédiat. Sa mise en scène, oscillant entre naturalisme et impressionnisme, n'est pas moins acrobatique. Et derrière nos visages se révèlent des océans vertigineux.

Le président (2010)

Rejoignez, le temps d'un film, le club des vieux mecs blancs et riches ! Un monde fabuleux où l'on peut prétendre incarner le renouvellement après 40 ans de mandats publics, et où l'autorité prévaut sans complexe sur les idées. Aux abois, les médias cherchent l'homme fort providentiel, et les directeurs de campagne s'empressent de remaquiller le grand Frêche pour le rôle, tout en grimaçant à chaque dérapage qui éven…

Orgueil et Préjugés (1813)

Abandonné au second tiers.

La Route sauvage (2018)

Andrew Haigh affirme son talent de metteur en scène sur un scénario plus solide que le précédent 45 ans. Sans grossir le trait, il montre l'impact d'une éducation difficile et des codes masculins sur un adolescent qui n'avait jamais eu à demander de l'aide.

Shirkers (2018)

Entre Jodorowsky's Dune et À la recherche de Vivian Maier.

Ultra Pulpe (2018)

Bis repetita Les garçons sauvages. Las.

La Ballade de Buster Scruggs (2018)

Écriture svelte et mélancolique, plans larges subjuguants, montage acrobate : à l'exception d'une poignée d'effets numériques plastiques, tout s'assemble entre les mains des magiciens Coen pour la revitalisation inespérée d'un genre classique.

A Brighter Summer Day (1991)

Une fresque sociale aussi ample et sinueuse que Yi Yi.

Zama (2018)

Un calvaire fiévreux, qu'on pourrait comparer à Signes de vie ou bien Shotgun Stories pour sa représentation d'un désemparement oisif, mais qui trace en définitive sa propre voie singulière et mystérieuse. La lassitude et la complaisance se déchirent l'être social.

Messiah of Evil (1973)

Vertige passager et zombies consommateurs, comme un Romero éthéré.

On revient de loin (2016)

Oscillant entre la revue de presse et le recueil d'interviews, Les ânes ont soif s’inscrivait dans la filmographie de Pierre Carles sans faire trop de vagues. La seconde partie du diptyque consacré à Rafael Correa, par contre, déjoue allègrement les attentes : avec l’appui décisif de Nina Faure, le portrait politique du président et de son administration se déroule désormais sur place, en Équateur. Le documentaire a…

Grass (2018)

HSS reste sur le fil entre répétition et renouveau (ce qui devrait être une répétition en soi, mais précisément surprend à chaque épisode supplémentaire).

Ai Weiwei: Never Sorry (2012)

Un documentaire didactique sur l'artiste dissident et sa médiatisation indépendante.